Climat : le plan de l’ONU pour quitter les fossiles

Climat : António Guterres dévoile un plan pour en finir avec les combustibles fossiles

Face à des vagues de chaleur extrêmes en Europe, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exhorté la communauté internationale à intensifier ses efforts pour combattre le changement climatique lié aux combustibles fossiles. Lors d’une allocution, il a mis en avant les défis liés à la dépendance aux énergies fossiles, soulignant à la fois leur impact sur le climat et sur l’énergie mondiale, notamment avec les perturbations géopolitiques dans le détroit d’Ormuz et le contexte tendu entre l’Iran, Israël, et les États-Unis.

Un plan détaillé pour l’indépendance énergétique

Le plan proposé par l’ONU se concentre sur plusieurs axes principaux :

Réduction rapide des émissions

Il est impératif, selon Guterres, que les émissions atteignent leur maximum immédiatement et soient réduites à zéro d’ici 2050, une démarche soutenue par une initiative mondiale pour limiter les émissions de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement nocif.

Accélération des énergies renouvelables

Pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles, l’ONU recommande une augmentation rapide des investissements dans les énergies renouvelables. Cela inclut la fin des subventions destinées aux projets fossiles et l’imposition de taxes sur les bénéfices de ces industries pour financer la transition et soutenir les communautés vulnérables.

Impact environnemental de l’IA

Le plan de Guterres demande que les grandes entreprises d’intelligence artificielle rendent compte de l’empreinte écologique de leurs infrastructures. L’objectif est d’alimenter ces centres de données avec des énergies renouvelables avant 2030.

Transition juste et résilience climatique

Une transition vers les énergies propres doit être équitable, créant de nouveaux emplois et soutenant le développement dans les pays du Sud. Le renforcement de la résilience climatique implique des investissements accrus dans l’adaptation et les systèmes d’alerte précoce pour protéger les populations les plus vulnérables.

Financement équitable

Le Secrétaire général a insisté sur l’importance de faciliter l’accès au financement pour les pays en développement. Cela est essentiel pour soutenir leurs initiatives en matière de développement durable et d’adaptation au changement climatique.

Défense de la science et de la vérité

António Guterres a souligné la nécessité de restaurer et de renforcer la confiance dans la science climatique, en luttant contre les informations erronées et en protégeant les journalistes et militants environnementaux. Il a évoqué l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information climatique menée en collaboration avec l’UNESCO et le Brésil.

Un appel à l’action

Depuis plus d’une décennie, les nations se sont engagées à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels. Pourtant, malgré cet accord historique conclu à Paris, les scientifiques de l’ONU mettent en garde sur le risque que les températures mondiales dépassent ce seuil critique dans les années à venir.

Il a également été noté que, depuis 2010, le coût des énergies renouvelables a diminué de manière significative : celui de l’énergie solaire a chuté de près de 90 %, l’éolien terrestre de plus de 70 %, et le stockage par batterie de 95 %. Ces technologies ont permis de réduire considérablement les émissions de dioxyde de carbone, surpassant les émissions combinées des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon réunis.

Conclusions et perspectives

António Guterres a insisté sur la nécessité d’un effort mondial coordonné pour accélérer la transition vers une économie mondiale verte. En concluant, il a rappelé que les investissements dans les énergies propres attirent presque deux fois plus de fonds que ceux dédiés aux énergies fossiles, un signe encourageant pour l’avenir du climat et de l’énergie durable.

Ce plan se veut un phare pour guider les actions nécessaires à la sauvegarde de la planète, en s’assurant qu’aucune communauté ne soit laissée pour compte dans cette transition cruciale.