Tchad : l’OIM promeut la paix au Nord avec un nouveau projet
Tchad : Un nouveau projet pour renforcer la paix et la cohabitation dans le Nord
Le 25 juin, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en partenariat avec l’Union européenne et le gouvernement tchadien, a lancé un projet ambitieux intitulé « Vivre ensemble : renforcer la cohabitation pacifique dans le Nord ». La cérémonie de lancement s’est tenue sous la présidence de Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État et ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale.
S’étendant sur une période de 36 mois, ce projet vise à améliorer la stabilité et la coexistence pacifique entre les communautés locales et les populations migrantes dans le nord du Tchad. Cet engagement se concrétisera à travers une approche intégrée de développement territorial.
Aminta Diecko, représentante du chef de mission de l’OIM au Tchad, a attiré l’attention sur l’importance stratégique de cette région, caractérisée par la mobilité humaine, des échanges transfrontaliers et des défis sécuritaires et climatiques significatifs. Elle a déclaré : « Dans les territoires marqués par la mobilité, les vulnérabilités climatiques et les défis persistants de développement, le vivre-ensemble ne se décrète pas. Il se construit jour après jour ».
Le projet se compose de trois axes principaux : l’accès amélioré aux documents d’état civil et aux services sociaux de base, le renforcement des moyens de subsistance et des opportunités économiques pour les jeunes et les femmes, et l’amélioration de la gouvernance migratoire. Il se concentre également sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.
Karl Rawert, représentant de la délégation de l’Union européenne au Tchad, a rappelé que ce projet s’inscrit dans une décennie de soutien européen aux questions migratoires et à la protection des populations tchadiennes. Il a souligné les défis sécuritaires propres à la province du Borkou-Ennedi-Tibesti (B.E.T.), frontalière de la Libye et sujette à des flux migratoires importants ainsi qu’à des groupes armés.
« La stabilité de cette zone frontalière est déterminante pour celle du Tchad, qui est entouré de multiples foyers de crise », a-t-il affirmé.
Le ministre d’État, Tahir Hamid Nguilin, a salué l’engagement de l’Union européenne et exprimé la reconnaissance du gouvernement envers l’OIM. Il a également annoncé l’extension de la présence de l’OIM dans les quatre provinces du B.E.T., réaffirmant le soutien du gouvernement à une initiative essentielle pour renforcer la paix, la cohésion sociale, et les perspectives de développement dans cette région difficile d’accès.
L’engagement de l’OIM dans le nord du Tchad reflète sa résilience et son dévouement envers les populations locales, jouant un rôle crucial dans la promotion de la stabilité et de la pacification dans cette partie du pays. Avec des initiatives ciblées sur l’accès aux services fondamentaux et l’amélioration des conditions économiques, le projet espère consolider les bases d’une cohabitation pacifique durable dans une région aux enjeux complexes.