Clôture du Forum national des chefferies traditionnelles

Le Forum national des chefferies traditionnelles s’achève avec des recommandations clés

Le 31 octobre, le Forum national des chefferies traditionnelles a clôturé ses travaux dans la ville de Mongo, située dans la province du Guera. Cette rencontre annuelle a rassemblé des chefs traditionnels provenant des 23 provinces du pays, aux côtés de représentants d’institutions publiques, d’agriculteurs, d’éleveurs, ainsi que de nombreux acteurs sociaux pour débattre et proposer des solutions sur des enjeux cruciaux.

Les discussions ont été principalement focalisées sur quatre thèmes majeurs : les valeurs républicaines, la prévention des conflits, la médiation traditionnelle, ainsi que la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Ces échanges ont mis en lumière l’importance d’adresser les conflits latents dès leur apparition. Souvent causés par des malentendus, des paroles blessantes ou des différends territoriaux, ces conflits peuvent potentiellement dégénérer en crises sérieuses s’ils ne sont pas traités à temps.

Durant les trois jours de débats, les participants ont minutieusement analysé les diverses causes des conflits locaux. Leurs efforts ont abouti à l’élaboration de recommandations visant à prévenir et à gérer pacifiquement les différends, en accord avec les règles établies par le pays. Parmi ces suggestions, figurent le renforcement du cadre institutionnel et des politiques publiques dédiées à la gestion des conflits, ainsi que la promotion des valeurs républicaines à travers l’éducation civique et morale.

Mahamat Moussa Bezo, le vice-président du Comité national d’organisation, a particulièrement insisté sur l’exemplarité et la vigilance des chefs traditionnels concernant trois types récurrents de conflits : les différends entre agriculteurs et éleveurs pour l’accès à la terre, à l’eau et aux voies de transhumance, les contestations de chefferies et les différends de succession. Il a aussi souligné l’importance des alertes précoces pour prévenir les conflits avant qu’ils ne s’intensifient.

Tamitah Djidingar, le président du Haut Conseil des Chefferies Traditionnelles (HCCT), a exhorté les participants à traduire en actions concrètes les recommandations et engagements discutés. « Que chacun reparte de Mongo avec la conviction que la paix se construit au quotidien, par nos paroles, nos décisions et nos actes », a-t-il déclaré. Il a encouragé les chefferies à être des lieux d’écoute, de justice, de médiation et de rapprochement parmi les citoyens.

Cependant, ce forum a également été marqué par un tragique événement. Le deuxième jour, un conflit concernant un puits dans la province du Hadjer-Lamis a éclaté, entraînant au moins sept décès et de nombreux blessés. Ce drame a incité les participants à observer une minute de silence en mémoire des victimes. En réponse à cette situation critique, le ministère de la Sécurité publique a annoncé, le 31 octobre, une interdiction temporaire de la circulation des deux-roues en dehors des centres urbains dans quatre provinces, y compris le Hadjer-Lamis.

La clôture du Forum national des chefferies traditionnelles rappelle l’importance de la collaboration entre les autorités administratives, sécuritaires, judiciaires et traditionnelles pour bâtir une nation unie et pacifique. En visant la prévention des conflits et en renforçant la cohésion sociale, le forum aspire à transformer les chefferies traditionnelles en véritables bastions de paix et de dialogue.