Conflit à Laoukassi : agriculteurs vs éleveurs
Tensions croissantes entre agriculteurs et éleveurs à Laoukassi : une situation préoccupante
La sous-préfecture de Laoukassi, située dans le département de la Dodjé, province du Logone occidental, est actuellement le théâtre de tensions persistantes entre agriculteurs et éleveurs. Ces tensions, marquées par des actes de destruction de cultures et d’incendies d’habitations, ont attiré l’attention du délégué général du gouvernement, Dago Yacoub, qui s’est rendu sur place le 14 octobre 2026 pour discuter des mesures de prévention à mettre en place.
Lors de cette rencontre, Dago Yacoub a relayé les instructions du vice-Premier ministre concernant les préparatifs de la transhumance 2026-2027 à travers la circulaire n°007/MATD/SC du 28 septembre 2026. Cette période sensible de transhumance a souvent été à l’origine de contentieux entre agriculteurs et éleveurs, et des mesures sont jugées essentielles pour garantir une cohabitation pacifique. Les discussions ont notamment ciblé la zone d’Oregomel, où de nombreux incidents ont été rapportés, contraignant certaines familles à fuir vers Dafra, dans la province voisine de la Tandjilé, ou à se déplacer dans le canton de Laoukassi.
Djékoundadé Denis, représentant le chef de canton de Laoukassi, a exprimé sa préoccupation face à la situation alarmante qui affecte quatorze villages. Il a souligné que les conflits couvent depuis plusieurs années, provoquant régulièrement des pertes pour les communautés agricoles. Selon lui, les localités de Mbagbangla, Korong, Mekab et Mbag Bangla 2 ont été particulièrement touchées, forçant certaines familles à quitter leurs domiciles.
Le sous-préfet de Laoukassi, Ali Barkaï Saleh, a confirmé ces déplacements de populations, initialement sous-estimés. Les enquêtes en cours estiment que 1 800 à plus de 2 000 personnes seraient concernées. Ce chiffre a augmenté avec les nouvelles évaluations, bien que toutes les autorités locales n’aient pas été averties à l’avance, selon le sous-préfet. Il a plaidé pour une résolution des conflits par les mécanismes administratifs et locaux afin d’éviter une escalade de la violence.
Face à cette situation complexe, le démarrage de la transhumance est prévu pour début janvier 2027, sous réserve de l’achèvement des récoltes et d’une évolution favorable des tensions. Les autorités locales, chefs traditionnels, leaders religieux, ainsi que les organisations d’agriculteurs et d’éleveurs, sont appelés à veiller au respect du calendrier établi, sous peine de sanctions. Un suivi régulier des récoltes sera assuré en collaboration avec les services techniques concernés, et une surveillance accrue des couloirs de transhumance est envisagée pour prévenir les débordements. Les troupeaux arrivant prématurément seront dirigés vers les zones d’attente établies à cette fin.
Pour renforcer le dialogue et réduire les tensions, les comités mixtes de prévention et de gestion des conflits seront réactivés. Ces comités se chargeront d’évaluer les dégâts économiquement et techniquement, et d’instaurer des règlements conformes aux lois en vigueur. Cette mobilisation générale est indispensable pour rétablir la paix et garantir un vivre-ensemble durable entre agriculteurs et éleveurs dans cette région souvent marquée par les conflits.