Côte d’Ivoire : 20 000 cancers par an, le gouvernement intensifie
Côte d’Ivoire : 20 000 cas de cancer détectés par an, le gouvernement renforce la riposte sanitaire
Chaque année, la Côte d’Ivoire enregistre environ 20 000 nouveaux cas de cancer, dont 5 000 sont des cancers du sein. Ce chiffre souligne l’ampleur de cette maladie au sein de la population. Pour faire face à cette crise sanitaire, le gouvernement ivoirien a annoncé des mesures significatives lors d’un Conseil des ministres, célébré le 14 octobre 2026, en lien avec la campagne de sensibilisation « Octobre rose ».
Le ministre de la Santé a présenté une communication soulignant les efforts du gouvernement pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer. Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, a indiqué que ce plan d’action bénéficie de l’engagement personnel du président de la République et de la Première Dame. Le dispositif s’articule autour de deux institutions clés : le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) et l’Institut de médecine nucléaire d’Abidjan (IMENA), tous deux situés au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody.
Les quatre CHU d’Abidjan — Cocody, Angré, Treichville et Yopougon — ont été dotés d’équipements modernes pour le dépistage, le diagnostic et le traitement des cancers. De plus, un nouveau centre de radiothérapie et d’oncologie médicale à Grand-Bassam est prévu d’ouvrir en décembre 2026, ce qui devrait élargir l’accès aux soins pour les patients de cette région.
Parallèlement à l’acquisition de nouveaux équipements, le gouvernement a mis en place des conventions avec de grands laboratoires pharmaceutiques, permettant d’offrir des traitements oncologiques onéreux à des prix réduits, voire quasi gratuits. Actuellement, un traitement dont le coût avoisine 3 à 4 millions de FCFA est désormais largement accessible. Une avancée non négligeable est la création d’un pavillon spécialisé en oncologie pédiatrique à l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, qui propose la gratuité des soins pour 90 % des jeunes malades.
Les efforts du gouvernement ne se limitent pas aux grandes villes. Les régions rurales et éloignées bénéficient également de l’élargissement des services de santé. Tous les centres régionaux de santé (CHR) et hôpitaux généraux disposent de mammographes, permettant ainsi des diagnostics plus précis que la palpation traditionnelle. En outre, un mammographe mobile a été acquis pour parcourir les villages, facilitant l’accès aux soins pour les populations vivant loin des établissements de santé.
Amadou Coulibaly a également souligné l’importance du dépistage précoce. Durant le mois d’Octobre rose, la mammographie est proposée à un tarif préférentiel de 2 000 FCFA, permettant ainsi de sensibiliser et d’encourager les femmes à se soumettre à cet examen crucial.
Selon les autorités de santé, ces efforts commencent à porter leurs fruits, avec un taux de survie à cinq ans qui a doublé. Cela marque un changement de perception : le cancer, autrefois vu comme une sentence de mort, est désormais envisagé comme une maladie chronique, à l’instar du diabète ou de l’hypertension.
Ainsi, la Côte d’Ivoire se mobilise pour faire face à une maladie qui touche de nombreuses familles, tout en renforçant le dispositif sanitaire pour offrir à chaque patient un accès équitable à des soins de qualité. Le gouvernement entend poursuivre ses efforts pour améliorer la détection précoce et le traitement du cancer, avec l’espoir d’inverser ces chiffres et d’apporter un soutien aux populations les plus vulnérables.