Côte d’Ivoire : Le gouvernement soutient les femmes productrices
Côte d’Ivoire : Le gouvernement soutient les femmes productrices pour améliorer la sécurité alimentaire et la sécurisation foncière
En Côte d’Ivoire, les femmes jouent un rôle capital dans la production des denrées vivrières, contribuant entre 60 et 80 % de l’alimentation de base des ménages. Cependant, elles font face à des défis majeurs, notamment en ce qui concerne l’accès à la propriété foncière. Reconnaissant leur importance dans la chaîne alimentaire et leur potentiel économique, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs pour soutenir les femmes agricultrices dans leurs activités.
Dans la région d’Agnéby-Tiassa, la coopérative Oyofê, regroupant 42 membres, se consacre à la culture du manioc et du riz. Grâce aux initiatives du Conseil régional et au soutien de l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), ces agricultrices ont reçu des intrants agricoles et suivi des formations sur les méthodes modernes de production maraîchère. Ces efforts se traduisent par une augmentation des rendements et une contribution significative à la sécurité alimentaire de la région.
Parallèlement, la coopérative Siemetcha de Kakpéliakaha, qui compte environ 100 membres, tire profit de 4 hectares de terre mis à disposition par le programme PA-PSGouv. Encadrées par l’ANADER, ces femmes cultivent une variété de légumes, dont le piment, la tomate, l’aubergine et le chou, renforçant ainsi leur autonomie et leur apport à l’agriculture locale.
À Man, dans la région du Tonpki, des veuves regroupées au sein d’une association ont également commencé à cultiver du manioc, soutenues par l’IPS-CGRAE et l’ANADER. Ces initiatives illustrent la détermination des femmes à s’impliquer dans les chaînes de valeur agroalimentaires, malgré les défis liés à la propriété foncière.
Lors de la journée internationale de la femme rurale le 15 octobre, la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nasséneba Touré, a souligné l’importance de cette contribution féminine, tout en mettant en évidence les obstacles persistants en matière de propriété foncière. Alors que seules 5 % des femmes détiennent un titre foncier rural, la ministre a annoncé des mesures pour améliorer leur situation, en vertu de la loi n° 98-750 qui garantit l’égalité en matière d’accès aux certificats fonciers.
Malgré les avancées législatives, les habitudes socioculturelles demeurent un frein à la pleine appropriation de la terre par les femmes. Pour y remédier, l’Agence foncière rurale (AFOR) a établi de nouvelles règles stipulant que tout Comité villageois de gestion foncière rurale doit inclure des femmes, sous peine d’être considéré comme irrégulier.
Les résultats de ces initiatives commencent à se faire sentir. Dans le cadre du Projet d’amélioration de la politique foncière rurale (PAMOFOR), qui a pris fin en juin 2024, parmi les 48 070 certificats fonciers délivrés, 31,07 % ont été attribués à des femmes. La tendance semble s’améliorer avec la mise en œuvre du Programme de renforcement de la sécurisation foncière rurale (Presfor).
En date du 31 mars 2025, sur un total de 61 353 certificats fonciers délivrés, environ 20 246 ont été attribués à des femmes, représentant ainsi un taux de 33 %. Cette progression comparative à la situation d’avant 2016, où seulement 197 femmes possédaient des certificats, témoigne d’un changement positif et encourageant pour l’avenir de l’autonomisation des femmes dans le secteur agricole ivoirien.
Le gouvernement ivoirien poursuit donc ses efforts pour renforcer la sécurité alimentaire et la sécurisation foncière, avec l’ambition de structurer 10 500 coopératives et de créer 500 entreprises de transformation au cours des cinq prochaines années dans le cadre du programme DICEFA. Ces initiatives visent à soutenir l’autonomisation des femmes, tout en consolidant leur rôle essentiel dans l’agriculture du pays.