Crise agricole au Tchad : l’AJDAP appelle à l’urgence
Crise agricole au Tchad : l’AJDAP exige des mesures urgentes
L’Association des jeunes pour le développement agro-pastoral (AJDAP) a récemment dénoncé la crise sévère qui touche le secteur agricole au Tchad. Face à une pénurie persistante d’intrants et d’équipements, l’association appelle les autorités à prendre des mesures immédiates pour réformer et moderniser ce secteur vital pour le pays.
Le Tchad, traditionnellement défini comme un pays à vocation agro-pastorale, repose principalement sur l’agriculture et l’élevage pour sa survie économique et celle de sa population. Cependant, la situation actuelle soulève de graves inquiétudes. Selon l’AJDAP, « l’agriculture tchadienne est vide, totalement vide », une affirmation qui témoigne de la réalité difficile que vivent les agriculteurs et éleveurs tchadiens.
La pénurie inquiétante d’intrants tels que les semences et les engrais, ainsi que l’absence de matériel agricole adéquat, sont au cœur des critiques formulées par l’AJDAP. En particulier, le manque de tracteurs est cité comme un frein majeur à la productivité. Dans certaines zones rurales, les producteurs sont contraints de parcourir de longues distances pour louer un tracteur, déboursant jusqu’à 30 000 francs CFA par hectare, un coût prohibitif qui dissuade de nombreux agriculteurs.
Ce faible degré de mécanisation intervient dans un contexte de croissance démographique rapide, où le besoin de production alimentaire augmente de manière significative. « Le fossé qui se creuse entre les besoins alimentaires et la production nationale constitue un défi crucial pour la souveraineté du pays », avertit l’association.
Bien que les autorités aient promis des réformes en faveur de la modernisation du secteur rural, l’AJDAP souligne l’absence d’actions concrètes de la part des acteurs publics. Elle déplore notamment les insuffisances des structures d’accompagnement, telles que l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER), qui souffre d’un manque d’intrants, et la Société industrielle de matériel agricole et d’outillage (SIMATRAC), qui n’arbitre pas un nombre suffisant de tracteurs.
L’AJDAP pose alors une question cruciale : « Comment expliquer qu’un pays à vocation agro-pastorale, en pleine saison agricole, fasse face à un manque généralisé de tracteurs, d’intrants, de matériels et de crédits agricoles ? » Cette interrogation illustre l’absurdité d’une situation où les ressources et les infrastructures nécessaires à la floraison du secteur agricole sont pourtant disponibles, mais non accessibles aux producteurs.
Cette crise agricole est d’autant plus préoccupante que le Tchad devient de plus en plus dépendant des importations pour subvenir à ses besoins alimentaires. L’association souligne qu’un secteur agricole revitalisé pourrait constituer un puissant moteur de création d’emplois, en particulier pour la jeunesse, et jouer un rôle essentiel dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
Dans cette optique, l’AJDAP appelle le gouvernement tchadien à une réaction énergique et pragmatique. Pour le développement du secteur agro-pastoral et la sécurisation du monde rural, des efforts significatifs doivent être fournis afin de donner aux coopératives et organisations paysannes un accès facilité aux crédits et aux équipements modernes.
La crise actuelle du secteur agricole au Tchad n’est pas seulement une question de productivité, mais un enjeu de souveraineté alimentaire et de justice sociale qui nécessite des réponses immédiates et soutenues de la part des autorités. Les jeunes agriculteurs du pays espèrent des actions concrètes qui leur permettront de redonner au secteur agro-pastoral tchadien les moyens de ses ambitions.