Crise à Mitau : un comité exige l’intervention urgente du gouvernement
La situation au sein du canton de Mitau, dans la province du Mayo-Kebbi Est, au Tchad, suscite actuellement de vives préoccupations, selon un communiqué émis par un comité de crise composé de leaders communautaires, de représentants de diverses composantes de la population et de jeunes. Ce comité a lancé un appel pressant au gouvernement pour qu’il intervienne de manière urgente afin de résoudre une crise qu’il qualifie de « préoccupante et persistante ».
Au centre de cette crise se trouve la question de la chefferie traditionnelle. Le comité et les populations locales contestent la légitimité d’Alhadji Sadou Danladi, présenté comme un chef de canton imposé ou autoproclamé par le préfet du département de Mayo-Lémié, prétendument en collaboration avec le délégué du gouvernement de la province et certaines personnes originaires de Bongor, de N’Djamena et d’autres régions. Ces accusations soulèvent des inquiétudes quant à une possible fragilisation de la cohésion sociale et du vivre-ensemble dans cette communauté.
Par ailleurs, le comité accuse que l’autorité d’Alhadj Oumar Maradi Bang-Bousso, considéré comme le chef légitime du canton de Mitau, est régulièrement usurpée lors d’événements officiels en faveur d’un prétendu chef du canton de Béré-Sud. Ces différends au sujet de la chefferie sont perçus comme des facteurs alimentant les divisions et tensions internes.
En plus de la problématique de la chefferie, un autre sujet de mécontentement est la création d’un marché à trois kilomètres de celui de Béré, qui existe depuis des décennies. Cette réorganisation économique est vue par les résidents comme une moquerie envers la légitimité et la justice locale. Le comité évoque aussi des incidents de privatisation présumée de champs précédemment communs et la tenue de réunions nocturnes suspectes depuis l’arrivée du délégué du gouvernement.
Face à ces nombreux griefs, le comité de crise exhorte le gouvernement à clarifier les questions relatives à la chefferie traditionnelle de manière définitive et à prendre des mesures pour le marché de Béré-Sud afin d’apaiser les préoccupations des populations. Les autorités provinciales, dont le préfet de Mayo-Lémié et le sous-préfet de Nanguigoto, font également l’objet de critiques. Les résidents les accusent « d’allumer le feu au lieu de l’éteindre » et demandent leur intervention pour pacifier la situation.
Le comité appelle par ailleurs à la libre exploitation des terres agricoles à Béré, comme cela se pratiquait autrefois, pour éviter l’aggravation des tensions.
Contacté par téléphone, le délégué du gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Est a déclaré ne pas avoir l’autorité de nommer un chef de canton, soulignant que cette nomination se fait par décret. Cette déclaration vise à apaiser les critiques concernant sa prétendue implication dans la crise actuelle.
La situation reste tendue dans le canton de Mitau, et les appels à une intervention étatique rapide et effective se multiplient pour préserver la paix et la stabilité dans la région.