Pollution de l’air : 6,4 millions de décès prématurés en 2025

Pollution de l’air : une menace mondiale qui continue de coûter des vies

La pollution atmosphérique, un fléau largement d’origine humaine, devrait être responsable de 6,4 millions de décès prématurés dans le monde d’ici 2025, selon un récent rapport publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et la Coalition pour le climat et la qualité de l’air (CCAC). Ce rapport a été dévoilé à l’occasion de la Journée internationale de l’air pur pour un ciel bleu, célébrée le 7 septembre, et met en lumière les conséquences sanitaires et économiques graves de la pollution de l’air.

Intitulé « Des atouts cachés : les arguments économiques et sanitaires en faveur de l’action pour le climat et la qualité de l’air », le rapport souligne l’interconnexion étroite entre les crises climatique et environnementale. Ces crises partagent la même origine : les secteurs hautement polluants. En effet, les particules fines PM2,5 et l’ozone, des polluants majeurs, sont au cœur de cette préoccupation mondiale.

Outre le bouleversement climatique, la pollution est impliquée dans divers problèmes de santé publique. Le rapport prédit que, outre les décès, 5,5 millions de nouveaux cas d’asthme infantile et environ 2 millions de nouveaux cas de démence pourraient survenir d’ici 2025. De plus, elle contribue à l’augmentation des maladies cardiovasculaires, pulmonaires, du diabète, des accidents vasculaires cérébraux et des cancers du poumon.

Par ailleurs, la pollution intérieure de l’air n’est pas sans conséquences. En 2025, elle pourrait être responsable d’environ 2 millions de décès prématurés, impactant particulièrement les enfants, avec près de 300 000 victimes attendues parmi eux.

Pour contrer cette menace, le rapport propose 25 mesures concrètes visant à réduire les émissions polluantes, améliorant ainsi la santé publique et combattant le changement climatique. Parmi ces mesures figurent le développement des énergies renouvelables, l’usage accru des véhicules électriques et l’adoption de combustibles propres pour la cuisine. Une approche intégrée est préconisée pour réduire simultanément les émissions polluantes participant au réchauffement climatique et celles dégradant la qualité de l’air.

Selon les projections, la mise en œuvre intégrale de ces mesures d’ici 2050 pourrait permettre d’éviter 144 millions de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique, dont 96 millions seraient dus à la pollution de l’air ambiant. Cela pourrait également prévenir des centaines de millions de cas de maladies chroniques.

L’urgence est telle que ces mesures, si appliquées immédiatement, pourraient réduire de moitié les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂) d’ici 2050, comparativement à un scénario où elles ne seraient pas adoptées. De plus, cette transition contribuerait aussi à freiner le réchauffement de la planète. Le rapport précise que cela permettrait d’éviter environ 0,34 °C de réchauffement d’ici 2050, et potentiellement jusqu’à 1,4 °C d’ici la fin du siècle.

Ces statistiques accablantes soulignent l’importance d’une mobilisation mondiale pour repenser nos politiques énergétiques et environnementales. Face à une menace aussi universelle, l’action collective et la volonté politique sont plus que nécessaires pour réduire ce lourd tribut sanitaire.