Des contrôleurs de l’ALC agressés par l’ANSE lors d’une mission à la SHT

Des contrôleurs de l’AILC arrêtés et violentés par l’ANSE lors d’une mission à la SHT

En mission de vérification à la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), une équipe de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) a été arrêtée et maltraitée par des agents de l’Agence nationale de sécurité de l’État (ANSE). Dans un communiqué, l’AILC dénonce cette intervention brutale et appelle à établir les responsabilités.

L’objectif principal de cette mission était de contrôler la gestion financière, matérielle et humaine de la SHT sur une période allant de 2024 à aujourd’hui. Les contrôleurs avaient pour instruction de recueillir des documents clés, dont des factures de vente de pétrole brut envoyées à la société Glencore, afin de vérifier la régularité des recettes pétrolières.

Cependant, l’AILC déclare avoir rencontré des résistances de la part des dirigeants de la SHT, notamment de la Directrice générale, du Directeur général adjoint et de la Directrice commerciale, qui ont résisté à la communication des documents demandés. Cette tension a conduit à l’intervention de la Contrôleure générale adjointe de l’AILC pour rappeler les obligations légales des entités sous contrôle.

Les textes légaux en vigueur, dont les décrets du 6 août 2024 et du 31 décembre 2024, stipulent pourtant clairement que les entités contrôlées doivent fournir accès à toutes les informations liées à leur gestion. Suite à ces explications, la Directrice commerciale a finalement remis les documents requis à l’équipe de l’AILC sous la supervision du Directeur général adjoint.

Malgré l’accomplissement initial de cette tâche, la situation a rapidement dégénéré. Le communiqué de l’AILC décrit une intervention dirigée par le Ministre, Directeur général de l’ANSE. Des agents cagoulés et armés ont procédé à l’arrestation des membres de l’AILC présents sur place. Les contrôleurs ont été menottés, masqués et transportés dans un minibus vers les locaux de l’ANSE, où ils ont été retenus pendant plusieurs heures. L’AILC souligne que les téléphones et ordinateurs portables de l’équipe ont été confisqués et leurs contenus examinés malgré les explications légales fournies par la Contrôleure générale adjointe.

Parallèlement, des agents de l’ANSE ont tenté de pénétrer de force au siège de l’AILC pour accéder au bureau du Contrôleur général. L’AILC considère ces actes comme une grave atteinte à l’intégrité physique et morale de ses responsables et un empiétement sur l’indépendance garantie par la loi.

Toutefois, l’AILC réitère sa détermination à poursuivre sa mission de contrôle à la SHT, malgré le climat de menace engendré par l’ANSE. Elle affirme son engagement à rétablir la vérité sur la gestion des ressources pétrolières et à éclaircir toutes les tentatives d’obstruction observées. Elle projette de porter ces incidents à l’attention de la plus haute autorité du pays, afin que des mesures pénales, administratives et disciplinaires soient prises contre le Directeur général de l’ANSE et les agents impliqués.

Au terme de cette intervention controversée, l’AILC persiste dans sa mission de transparence et de promotion de la bonne gouvernance, tout en respectant strictement le cadre légal établi. Ces événements soulèvent des questions sur la collaboration entre les différentes institutions du pays et la nécessité de renforcer les mécanismes de lutte contre la corruption sans entrave.