Devenez gardien de votre quartier : journée mondiale du nettoyage
Journée mondiale du nettoyage : un appel à la responsabilité collective à N’Djamena
Le 20 septembre marque la Journée mondiale du nettoyage, un événement célébré à travers la planète pour inciter à une gestion plus responsable de l’environnement urbain. À N’Djamena, capitale tchadienne, cette journée met en lumière les défis persistants liés à l’insalubrité. Tandis que les actions de nettoyage se mettent en place, les habitants des différents quartiers peinent à percevoir des améliorations durables.
Dans le marché animé d’Abena, situé dans le 7ᵉ arrondissement, le contraste est flagrant. Les commerçants s’activent tandis que les déchets s’accumulent le long des étals. Malloum Mahamat Haroun, un boutiquier du quartier, doute de l’impact des gestes isolés : « C’est bien de nettoyer, mais faire cela une fois par an est insuffisant. À N’Djamena, la pratique devrait être quotidienne, surtout le matin avant l’ouverture », exprime-t-il.
Le décor n’est guère différent dans d’autres zones de la ville comme Chagoua 2, Diguel ou Dembé, où les terrains vagues servent souvent de dépotoirs informels. Pour beaucoup, ces décharges clandestines sont devenues une norme préoccupante. Un résident de Chagoua confie : « On vient jeter les déchets derrière chez nous chaque soir. L’odeur est devenue insupportable. »
L’insuffisance des infrastructures de collecte et le comportement incivique de certains citoyens sont soulignés par les habitants. Des caniveaux obstrués aggravent l’impact des eaux stagnantes, propices aux moustiques et à d’éventuels problèmes sanitaires. Cette situation affecte particulièrement les 7ᵉ et 8ᵉ arrondissements de la capitale.
Le sociologue Mbaiguemem Armel insiste sur la nécessité d’une responsabilité collective et souligne que tout ne peut pas être imputé aux actions individuelles. « Réduire le problème à une question individuelle est une lecture simpliste », déclare-t-il. Pour lui, les solutions doivent venir d’une synergie entre efforts citoyens et infrastructures adéquates. Il déplore que la question de l’assainissement soit souvent transférée à l’administration locale, sans que les citoyens s’approprient la responsabilité de la propreté urbaine.
Selon Armel, une approche intégrée qui inclut la sensibilisation à partir de l’école, des sanctions visibles pour les comportements inciviques et une collecte des déchets plus efficace est nécessaire. Il considère que la Journée mondiale du nettoyage doit être le prélude à une culture de la propreté durable et souhaite que chaque habitant devienne le gardien de son quartier.
Cette année, l’accent de la Journée mondiale est mis sur la réduction du gaspillage alimentaire, rapprochant ainsi l’idée de « Des assiettes propres aux villes propres ». Ce thème vise à sensibiliser sur un flux de déchets facilement évitable et à encourager la transformation des actions de nettoyage en initiatives de prévention, d’économie circulaire et de durabilité urbaine.
Créée sous l’égide des Nations Unies en 2023, la Journée mondiale du nettoyage engage chaque année des millions de personnes à travers le globe. L’objectif est non seulement de ramasser les déchets mais aussi d’initier une prise de conscience sur les systèmes qui les produisent, dans l’espoir de déclencher une dynamique positive et collective pour des villes plus saines.