Dina Mbaitoloum : Une Vie pour l’Éducation et les Femmes

À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, qui se tient chaque 5 octobre, le parcours inspirant de Dina Mbaitoloum nous éclaire sur la vie et l’œuvre des enseignants dévoués à l’éducation. Originaire de Koumra, dans la province du Mandoul au Tchad, Dina Mbaitoloum a consacré sa vie à l’éducation et à l’amélioration de la condition féminine dans la société tchadienne. Née en 1946, elle a été non seulement enseignante, mais aussi la première femme élue députée du Moyen-Chari.

Dès son jeune âge, Dina Mbaitoloum a été inspirée par ses enseignants, notamment une maîtresse du nom d’Alimata, dont la passion pour l’enseignement l’a fortement influencée. Cette admiration a orienté Dina vers une carrière dans le secteur éducatif. Après des études primaires à Koumra, son parcours scolaire la mène jusqu’en classe de quatrième. À cette époque, le manque criant d’enseignants pousse l’administration à recruter des étudiants prometteurs pour assurer des cours. Dina accepte ce défi, débutant ainsi sa vocation d’enseignante en tant que vacataire.

Sa carrière professionnelle prend essor après l’obtention de son BEPC et une formation à l’École normale. Elle enseigne dans diverses localités, de Koumra à Bongor, en passant par Maro, avant de s’installer à Sarh. L’enseignement, pour elle, a toujours représenté plus qu’un simple métier, c’était une mission. Malgré les conditions matérielles difficiles – elle se rappelle percevoir un salaire de 12 000 francs par mois – Dina Mbaitoloum a persévéré, animée par son amour pour le métier et sa détermination à former la jeunesse tchadienne.

En analysant l’évolution du système éducatif, Dina Mbaitoloum se montre critique envers la baisse du niveau scolaire constatée à partir des années 1990. Elle regrette que les exigences autrefois rigoureuses pour accéder à l’administration par concours aient cédé la place à des pratiques plus souples. Elle exprime une certaine nostalgie pour une époque où les élèves de primaire démontraient un niveau de compétence plus élevé que certains élèves de terminale aujourd’hui. Malgré tout, elle demeure fière d’avoir contribué à l’instruction de nombreuses générations de Tchadiens.

L’engagement de Dina Mbaitoloum va au-delà des murs de la salle de classe. En 1996, elle entre en politique après avoir été encouragée par son entourage et des responsables religieux à briguer un poste. Élue députée du département du Barh-Koh, elle devient ainsi la première femme députée de la région. Son expérience politique lui offre la possibilité de plaider pour une plus grande participation des femmes dans les sphères de responsabilité. Elle témoigne des débats animés autour de la place des femmes à l’Assemblée nationale, se réjouissant de voir aujourd’hui des femmes occuper plus de postes décisionnels.

Aujourd’hui à la retraite, Dina Mbaitoloum reste attachée à l’éducation. Elle partage son temps entre sa famille, la lecture de l’Ancien et du Nouveau Testament, et une veille constante de l’actualité à travers la radio. La transmission du savoir et des valeurs est au cœur de ses préoccupations, incitant les jeunes générations, particulièrement les femmes, à persévérer dans leurs études et à éviter les pièges du gain facile.

Dina Mbaitoloum, figure emblématique de l’enseignement et du militantisme féminin au Tchad, continue d’incarner cet esprit de dévouement qui a marqué toute sa carrière. Son parcours est un témoignage vibrant de l’impact qu’un enseignant peut avoir sur sa communauté, tout en soulignant l’importance de l’éducation dans le progrès social et l’émancipation des femmes.