Le RPC prône une monnaie panafricaine pour remplacer le franc CFA.
Le Réveil panafricain pour le changement (RPC) se positionne en faveur du remplacement du franc CFA par une monnaie panafricaine, marquant une étape clé dans son programme politique. Cette décision a été annoncée lors d’un discours prononcé le 3 octobre par le président du RPC, Gassim Cherif Mahamat, à l’occasion du lancement du processus de rédaction du programme du parti.
La cérémonie s’est tenue au siège du parti, à Djambal Barh, dans le 2e arrondissement de N’Djaména. L’événement a rassemblé plusieurs centaines de militants arborant les couleurs du RPC. Après une période d’attente, le président Mahamat a pris la parole durant une dizaine de minutes pour détailler l’idéologie du mouvement.
Il a affirmé que le RPC voit le panafricanisme et la création des États-Unis d’Afrique comme des solutions pour relever les défis auxquels le continent fait face. Selon lui, que ce soit en termes de développement, de souveraineté économique, diplomatique ou politique, les enjeux sont similaires à travers l’Afrique, justifiant ainsi une réponse collective et coordonnée.
L’objet principal de la réunion était d’initier la formation d’un comité scientifique dédié à la rédaction du programme du parti. Le programme du RPC s’inspire directement du projet du chef de l’État, centré autour de 12 chantiers prioritaires et 100 actions concrètes. « Nous appartenons à la majorité présidentielle », a souligné Gassim Cherif Mahamat, réaffirmant l’alignement stratégique du parti.
Dans son programme, le RPC place plusieurs thèmes au cœur de ses préoccupations. Les questions monétaires, la gestion des ressources nationales et la sécurité alimentaire seront particulièrement analysées et débattues. Le franc CFA, toujours utilisé dans plusieurs pays africains, est considéré par le RPC comme une « monnaie anachronique » nécessitant un remplacement au profit d’une monnaie panafricaine qui donnerait plus d’indépendance et de contrôle économique aux nations concernées.
Le parti milite également pour la nationalisation et la maîtrise des ressources naturelles du continent. Cette stratégie vise à garantir que les bénéfices issus de ces ressources servent au développement des pays africains plutôt qu’à des intérêts étrangers.
Pour le RPC, ce programme est conçu pour être un guide essentiel, une sorte de manuel d’orientation pour ses membres et pour l’élaboration de ses actions futures en matière de politique nationale et continentale. À travers cette initiative, le parti espère mobiliser et fédérer autour de son idéal panafricain.
En s’alignant avec d’autres voix du continent qui critiquent le franc CFA, le RPC s’inscrit dans un mouvement plus large qui conteste l’héritage colonial et cherche à transformer les structures économiques existantes pour mieux répondre aux aspirations africaines.
Ainsi, cette prise de position vient renforcer le positionnement stratégique du Réveil panafricain pour le changement, qui cherche à s’imposer comme un acteur majeur du paysage politique tchadien et africain. Cette ambition prend racine dans la vision de construire un espace économique et politique africain plus solidaire et résilient.