Éducation : deux ans d’exclusion au bac pour les notes sous 5/20, un choc pour les lycéens

Une réforme controversée frappe le système éducatif tchadien

Un récent arrêté ministériel a imposé une règle inédite dans le système éducatif du Tchad : tout élève obtenant une moyenne inférieure à 5 sur 20 au baccalauréat sera interdit de repasser l’examen pendant deux années consécutives.

Cette décision, prise conjointement par les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, a secoué le paysage éducatif du pays depuis son annonce le 8 mai. Les autorités justifient cette mesure par le besoin urgent de rehausser le niveau général des candidats et, par conséquent, d’améliorer les résultats globaux. Toutefois, cette réforme suscite un débat intense au sein des établissements scolaires, où les opinions divergent sur ses implications.

Dans les classes de terminale, certains élèves perçoivent cette règle comme un défi positif, estimant qu’elle incitera leurs pairs à s’engager davantage dans leurs études. Un élève confie : « Comment peut-on accepter une moyenne de 5 après tant d’efforts ? C’est un signal pour prendre l’éducation au sérieux. » Pour ces jeunes, la connaissance est une source de pouvoir personnel et social.

Cependant, la décision ne fait pas l’unanimité. Bouloalta Rimina, un pédagogue reconnu, exprime son inquiétude face à ce qu’il considère être un traitement injuste des élèves plus vulnérables. Il met en exergue les conséquences néfastes que cette exclusion pourrait engendrer, tels que le découragement ou le risque de dérives. À son avis, offrir des cours de rattrapage pendant les vacances ou orienter ces élèves vers des formations professionnelles constitue une alternative plus constructive.

L’instauration de cette réforme met également en lumière les disparités entre les établissements urbains et ceux situés en zones rurales. Dans ces dernières, le démarrage tardif des cours, le manque de personnel enseignant stable et l’absence de ressources adéquates rendent la réussite scolaire plus complexe. Rimina pointe du doigt une injustice sociale flagrante envers les élèves économiquement défavorisés.

À l’approche des examens, prévus pour débuter le 8 juin, l’atmosphère dans les lycées est à la concentration maximale. La réforme, bien que visant un rehaussement du niveau éducatif, soulève une question cruciale : comment garantir un accompagnement efficace pour les élèves en difficulté sans les marginaliser davantage ?

Ainsi, l’avenir du baccalauréat tchadien se trouve à un carrefour, où équilibre entre rigueur et équité est nécessaire pour façonner une éducation juste et accessible pour tous.