Eraba Maruis, l’inventeur autodidacte illuminant l’avenir du Tchad

Un jeune inventeur tchadien, autodidacte et déjà reconnu à l’international

À seulement 22 ans et sans formation académique d’ingénieur, Eraba Maruis a déjà marqué le monde de l’invention avec quatre brevets à son nom et une participation au prestigieux Salon international des inventions de Genève en 2025. Son mantra : « Trouver une solution à chaque problème. »

Né en 2004 à N’Djaména, Eraba a passé une partie de son enfance en Californie avant de retourner au Tchad. Il a d’abord suivi un parcours scolaire scientifique, passant ses premières années à l’école La Belle Semence puis au groupe scolaire Joseph Pandaré. En terminale, il surprend son entourage en choisissant une orientation littéraire, une décision délibérée pour se distinguer dans une famille largement tournée vers les sciences.

Après avoir obtenu son bac littéraire au lycée d’Amtoukouin, il s’inscrit en journalisme à l’Université de N’Djaména. C’est un choix inédit pour un futur inventeur qui revendique son autodidactie. « Je n’ai suivi aucune formation en ingénierie ou sciences. Je suis un inventeur autodidacte », affirme-t-il.

Dès son enfance, Eraba s’est montré bricoleur. À 12 ans, il fabriquait ses jouets et modifiait des appareils radio. Sa créativité s’est ensuite tournée vers la conception d’objets pratiques, comme des chaussures et des ventilateurs à partir de matériaux recyclés. Ce désir de résoudre les problèmes quotidiens ne l’a jamais quitté.

Aujourd’hui, ses inventions, toutes inspirées de la vie courante, témoignent de son ingéniosité. L’une d’elles, le H-Fire, transforme la chaleur d’un feu ou d’une bougie en électricité. Cette idée lui est venue en observant des villageois réunis autour d’un feu et des églises éclairées à la bougie. D’autres créations incluent le G-Glamax-Three, un cylindre multifonction conçu pour les situations d’isolement, et le X-Black, une lampe en forme de X avec un panneau solaire intégré.

Sa création la plus ambitieuse, le L-Plénum, est un moteur à eau visant à réduire les gaz à effet de serre. Un projet complexe qui a requis sept mois de travail acharné. Eraba finance lui-même ses prototypes et s’assure qu’ils respectent les normes de sécurité internationales avant de les breveter auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle.

En parallèle de ses inventions, Eraba se distingue également dans le domaine littéraire. Son roman « La fuite vers l’intellectualisme » raconte le parcours d’une jeune sénégalaise qui, malgré un mariage forcé, parvient à s’émanciper par l’éducation. Il a également publié plusieurs essais et recueils abordant des thèmes variés, renforçant les liens entre ses deux passions.

Sans jamais perdre de vue ses racines, Eraba valorise à la fois ses identités tchadienne et américaine. Il souhaite inspirer la jeunesse tchadienne à s’orienter vers la technologie, espérant ainsi contribuer au développement de son pays dans ce domaine.

Dans un avenir proche, Eraba envisage d’étendre la production de ses inventions à grande échelle, à la fois au Tchad et aux États-Unis. Le Salon de Genève représente pour lui une opportunité immense, et il projette de créer des ateliers de mentorat et d’incubation pour soutenir les jeunes innovateurs tchadiens.

Comme message à la jeunesse, il encourage à ne pas se laisser décourager par le scepticisme ambiant et à persévérer avec courage. « Le Tchad et l’Afrique regorgent de talents souvent moqués plutôt que soutenus. Moi-même, j’en ai fait l’expérience, mais j’ai persisté. Ensemble, nous devons nous encourager à valoriser nos génies. »