Esther Danmadji Nadjita : pionnière de la photographie, inhumée à Toukra.
Esther Danmadji Nadjita, pionnière de la photographie au Tchad, repose à Toukra
Esther Danmadji Nadjita, première femme photographe professionnelle du Tchad, a été inhumée au cimetière de Toukra après des obsèques empreintes de dignité et de respect. Ce 20 juin 2026, elle a tiré sa révérence, victime d’une longue maladie. L’occasion de rappeler son parcours exceptionnel, marqué par la détermination et l’innovation dans un monde majoritairement masculin.
Née le 2 mai 1963 à Gounou-Gaya, dans le Mayo-Kebbi-Est, Esther a été dès son jeune âge marquée par une passion pour l’image. Elle débute sa carrière professionnelle en 1987 au ministère de la Communication, au sein de l’ATPE (Agence Tchadienne de Presse et d’Édition), où elle reste jusqu’à sa retraite en 2023. Durant ces 36 années, elle n’a cessé de bâtir un héritage de conviction et d’excellence.
Son parcours académique comprend un Brevet de technicien supérieur (BTS) en photojournalisme obtenu à Bonn, en Allemagne, une étape cruciale qui lui a permis de développer une expertise rare à l’époque au Tchad. En tant que pionnière, elle a ouvert la voie à de nombreuses autres femmes désirant s’engager dans le domaine du photojournalisme.
Les obsèques se sont déroulées dans son quartier d’enfance à Moursal, N’Djaména. La cérémonie, à la fois simple et solennelle, a été marquée par la présence de nombreux proches, collègues et admirateurs. Tous étaient réunis pour rendre un dernier hommage à celle qui a su allier une grande discrétion personnelle à une forte détermination professionnelle.
Esther laisse derrière elle son mari et son enfant, mais aussi un héritage significatif au sein de la presse tchadienne. Elle a prouvé que la persévérance et la passion pouvaient briser n’importe quelles barrières. Pour ses pairs, elle restera un modèle d’intégrité et d’engagement.
Son travail a non seulement formé de nombreux confrères et consœurs, mais a aussi servi de mémoire visuelle au Tchad durant des décennies. Les archives photographiques qu’elle laisse sont désormais des témoignages précieux de l’histoire récente du pays. En immortalisant des instants de vie, parfois dans des contextes difficiles, elle a contribué à informer et sensibiliser le public à travers son objectif.
La disparition d’Esther Danmadji Nadjita est une perte pour le monde de la photographie et du journalisme tchadien, mais son héritage continuera d’inspirer. Son engagement dans l’art de la photographie professionnelle rappelle que les images racontent des histoires que les mots seuls ne suffisent pas à décrire.
En reposant au cimetière de Toukra, elle laisse derrière elle un vide immense, mais également un exemple fort de ce que signifie suivre sa passion et se battre pour ses convictions, dans un monde où chacun doit encore trouver et bâtir sa propre place.
Son héritage continuera de résonner et d’inspirer ceux qui suivront ses pas, et sa contribution restera un phare pour le journalisme africain. Esther Danmadji Nadjita n’est plus, mais ses œuvres, son impact et son influence perdureront bien au-delà de sa disparition.