Formation des maires du Logone : booster l’enregistrement des naissances

Les maires des deux Logone formés pour améliorer l’enregistrement des naissances

Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, en partenariat avec l’UNICEF, a récemment organisé un atelier à l’intention des maires des provinces du Logone occidental et du Logone oriental. Cet atelier visait à sensibiliser et former ces responsables locaux sur la collecte et la transmission des données d’état civil vers le niveau central.

L’objectif principal était de renforcer les capacités des maires pour améliorer l’enregistrement des naissances, des mariages et des décès, contribuant ainsi à la production de statistiques fiables essentielles à la planification du développement. Marcelin Mambo Kalubinda, chef du sous-bureau de l’UNICEF à Moundou, a souligné l’importance de l’enregistrement des naissances, qu’il considère comme le premier droit fondamental de chaque enfant. Il a expliqué que cet enregistrement permet à chaque enfant d’obtenir une identité juridique, ouvrant la voie à des droits tels que l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale.

Kalubinda a également salué les réformes entreprises par le gouvernement, comme le renforcement de l’interopérabilité entre les formations sanitaires et les centres d’état civil, ainsi que le déploiement de l’application numérique TASDJIL. Grâce à ces efforts, le taux d’enregistrement des naissances des enfants de moins d’un an est passé de 21 % en 2021 à 28 % en 2023. Cependant, il a reconnu que plusieurs défis restent à relever, notamment l’éloignement des centres d’état civil, le manque d’infrastructures, la mobilité des populations et le faible niveau de sensibilisation des communautés.

Assoumta Victoria, Directrice adjointe des Affaires politiques et de l’état civil, a souligné que l’état civil constitue un pilier crucial de l’administration publique et un outil pour garantir les droits des citoyens. Selon elle, l’enregistrement systématique des faits d’état civil permet non seulement une reconnaissance juridique des individus, mais aussi la collecte de données statistiques essentielles pour orienter les politiques publiques.

Elle a rappelé que les lois organiques n°014/CNT/2024 et n°015/CNT/2024 désignent désormais les communes comme acteurs principaux de l’état civil, avec des obligations renforcées pour sécuriser les registres, respecter les procédures et transmettre régulièrement les données. Malgré cela, Victoria a reconnu les lacunes existantes, telles que l’absence de mécanismes harmonisés pour la remontée des informations, les contraintes logistiques et le besoin de formation supplémentaire pour les agents. Pour y remédier, le gouvernement, avec l’appui de l’UNICEF, a développé des fiches mensuelles de collecte de données d’état civil. Ces fiches permettront une transmission mensuelle des données désagrégées par sexe et tranche d’âge au ministère concerné, avec pour objectif final la publication annuelle d’un annuaire statistique des faits d’état civil.

Dago Yacoub, Délégué général du gouvernement auprès de la province du Logone occidental, a insisté sur l’importance cruciale de l’état civil pour l’administration publique et la protection des droits des citoyens. Il a souligné que les données produites par les services d’état civil sont indispensables à la planification du développement et à l’élaboration de politiques publiques efficaces.

Yacoub a encouragé les participants à participer activement aux discussions, à partager leurs expériences de terrain et à formuler des recommandations pour renforcer le système national d’état civil de manière durable. Cet atelier marque ainsi une étape importante vers l’amélioration des infrastructures d’état civil dans les provinces concernées, en renforçant les synergies entre les différents acteurs impliqués.