Fort-Lamy : la nostalgie du vivre-ensemble ressurgit à N’Djamena
Titre : Fort-Lamy : la nostalgie du vivre-ensemble refait surface à N’Djamena
À une époque où N’Djamena portait encore le nom de Fort-Lamy, les liens sociaux entre habitants de la ville étaient profondément ancrés dans la tradition de partage et de solidarité. Les échanges amicaux entre voisins transcendaient alors les barrières ethniques, religieuses et claniques, offrant une cohésion sociale unique. Cette époque est aujourd’hui regrettée par de nombreux N’Djaménois qui constatent une érosion progressive de ces valeurs au fil du temps, remplacées par la méfiance et l’individualisme.
Asma Gassim, présidente de l’Association des Lamy-Fortains et N’Djaménois, a évoqué cette transformation lors de son passage dans La matinale de Tchadinfos. Selon elle, la société contemporaine a vu émerger des pratiques qui affaiblissent le tissu social autrefois florissant. Un des facteurs qu’elle identifie est le système de « chefs de race » qu’elle considère comme un outil de division. « Avant, on ne connaissait pas les chefs de race. Le voisinage était alors perçu comme une extension de la famille », explique-t-elle.
Gassim souligne le contraste flagrant entre les relations humaines d’autrefois et celles qui prévalent actuellement, signalant une montée des comportements agressifs et une tendance au repli sur des groupes d’appartenance. « À Fort-Lamy, ton voisin, c’était ton parent », se remémore-t-elle, déplorant la disparition de ce type de relation. À ses yeux, la situation actuelle ne correspond pas à l’image pacifique des temps passés. «. Tout était pacifique à Fort-Lamy », affirme-t-elle avec conviction.
Le témoignage d’Asma Gassim met en lumière un défi majeur pour les habitants de la capitale tchadienne : comment raviver l’esprit de solidarité qui a longtemps caractérisé le paysage social de Fort-Lamy ? L’ambivalence entre une nostalgie bien ancrée pour une époque jugée paisible et la réalité présente invite à réfléchir sur les moyens de reconstruire la confiance entre les citoyens.
Le chemin vers un renouveau des valeurs de partage et d’entraide passe probablement par une prise de conscience collective de l’importance du vivre-ensemble. La volonté de renouer avec ce passé harmonieux pourrait être le point de départ d’initiatives visant à restaurer la confiance mutuelle et à renforcer les liens communautaires à N’Djamena.
En définitive, le défi consiste à préserver ces valeurs en dépit des contraintes contemporaines, tout en construisant un avenir où la diversité est perçue comme une richesse plutôt qu’une source de division. Cette réflexion trouve écho au sein de diverses associations et mouvements locaux qui travaillent activement à cultiver une ambiance de respect et d’unité au cœur de la société tchadienne, espérant ainsi un retour aux jours empreints de paix et de fraternité.