Chercheur exhorte l’Afrique à créer une IA adaptée
Cotonou : Plaidoyer pour un développement endogène de l’intelligence artificielle en Afrique
Cotonou – Lors d’une intervention à Cotonou, Yves Kokou, coordonnateur des réseaux du Centre d’études et de recherches sur le développement international (CERDI) Alumni (JARCA), a lancé un appel pressant aux décideurs africains quant à la nécessité de développer un écosystème d’intelligence artificielle (IA) qui soit à la fois souverain et responsable. Ce plaidoyer met en avant l’importance de créer des infrastructures numériques robustes et de maîtriser les données pour tirer pleinement parti des technologies émergentes.
Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, Yves Kokou a souligné la richesse des compétences disponibles sur le continent, tout en avertissant que le véritable défi résidait dans la connexion et la mobilisation de ces talents pour en faire une véritable capacité d’action collective. « L’Afrique ne manque ni d’intelligence, ni d’expertise, ni de talents. Son défi est de mieux les connecter, de les mobiliser et de les transformer en capacité collective d’action », a-t-il affirmé.
L’intelligence artificielle, a-t-il expliqué, redessine déjà les chaînes de valeur, modifie les métiers, influence les administrations publiques, la fiscalité, les systèmes financiers et les mécanismes de production des connaissances. Dans ce contexte de transformation rapide, il est crucial que l’Afrique ne se limite pas à un rôle passif de consommatrice des technologies conçues ailleurs. « L’Afrique ne peut se contenter d’être consommatrice de technologies, utilisatrice de solutions ou productrice de données », a-t-il déclaré. Il a exhorté le continent à poser ses propres questions et à construire ses propres réponses, en soulignant l’importance déterminante de choisir l’intelligence artificielle qui contribuera au développement africain.
Pour l’Afrique, l’enjeu est donc double : adopter des technologies existantes tout en développant des usages et des solutions en phase avec ses réalités et ses besoins spécifiques. Selon Yves Kokou, cela implique de dépasser la simple adoption de solutions importées et de participer activement à l’innovation technologique.
Des initiatives comme celles prônées par Yves Kokou pourraient, à terme, favoriser un progrès économique et social significatif sur le continent. Le développement de solutions d’IA autochtones pourrait, par exemple, transformer divers secteurs économiques et sociaux africains, tels que l’agriculture, la santé, l’éducation et les services publics, en leur permettant de répondre de manière plus adéquate aux défis locaux.
L’Afrique, riche de sa jeunesse et de ses nombreux talents, est devant une opportunité unique de s’inscrire durablement dans l’économie numérique mondiale. Créer un écosystème d’IA endogène et pertinent apparaît comme une priorité stratégique pour les décideurs du continent, si l’on souhaite bâtir un avenir où l’Afrique puisse récolter elle-même les fruits de sa transformation numérique.
Alors que le continent abrite une diversité culturelle et des ressources naturelles inégalées, son développement repose aussi sur la capacité de ses dirigeants à favoriser l’innovation et la souveraineté numérique. Ainsi, le message d’Yves Kokou souligne une ambition claire : que l’Afrique devienne un acteur agissant de la scène numérique mondiale, non pas en suivant, mais en dirigeant sa propre route vers le progrès technologique.