Forum 2026 : Emplois et partenariats pour un avenir solide

Forum de la Banque mondiale sur la fragilité 2026 : appel à la création d’emplois et aux partenariats

Le Forum sur la fragilité 2026 de la Banque mondiale, récemment tenu, a été marqué par un message fort de la part de décideurs politiques, d’entrepreneurs et de représentants de la société civile : la création d’emplois durables et le renforcement des partenariats, notamment locaux, sont essentiels pour stabiliser les régions fragiles et touchées par des conflits.

Au cours de cet événement de trois jours, divers acteurs ont échangé sur des solutions innovantes pour sortir les pays des cycles de conflit. Patrick Achi, ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, a mis en avant le rôle crucial du secteur privé : « Les emplois ne viennent que du secteur privé. » Fort de l’expérience de son pays, qui a réussi à créer près de trois millions d’emplois après une crise politique, il a insisté sur le fait que les gouvernements doivent faciliter un environnement propice, mais ne peuvent à eux seuls générer le nombre d’emplois requis.

Le Forum a mis en lumière des témoignages d’entrepreneurs évoluant dans des contextes difficiles. Basima Abdulrahman, fondatrice d’une entreprise d’énergie solaire en Irak, a partagé ses défis pour développer son activité dans un environnement post-conflit. Elle a déclaré : « Nous créons des emplois durables, et c’est un investissement pour la stabilité. » Son entreprise, active malgré une instabilité chronique, œuvre pour éviter que les jeunes ne se tournent vers des activités illégales ou des groupes armés.

Roland Fomundam, entrepreneur agricole au Cameroun, a proposé des approches novatrices comme l’agriculture sous serre et la création de centres de formation pour attirer les jeunes vers ce secteur. « Nous avons dû repenser entièrement l’agriculture », a-t-il observé, et a souligné l’importance de s’attaquer aux obstacles à l’emploi.

La question des emplois est centrale pour la paix et la stabilité dans les zones fragiles, a averti le forum, surtout dans le contexte démographique africain. Avec des millions de jeunes entrants sur le marché du travail, les intervenants ont précisé que l’absence de création d’emplois viables pourrait mener à de nouvelles instabilités. Patrick Achi a souligné que « si une petite somme d’argent entre de mauvaises mains peut entraîner des jeunes dans des conflits, il est impératif de proposer des alternatives économiques. »

Les partenariats ont également occupé une place prépondérante. Aucun acteur unique ne peut résoudre le problème de la fragilité, a rappelé David Miliband, président du Comité international de secours. Les partenariats locaux ont été considérés comme vitaux pour maximiser l’impact des initiatives menées. Il a ajouté : « Les principaux acteurs du changement sont les personnes qui vivent dans ces communautés, » plaidant pour un développement basé sur les connaissances locales.

Carl Skau, du Programme alimentaire mondial, a mis en exergue l’augmentation de l’insécurité alimentaire à travers le globe et la nécessité de collaborations efficaces. Il a explicitement indiqué que « la seule solution, c’est le partenariat. » Des exemples de coopération entre le secteur privé et les autorités locales ont démontré leur efficacité pour rétablir les mécanismes de marché et fournir une assistance en période de crise.

Le Forum a également introduit des outils innovants pour anticiper les risques dans les contextes fragiles. Une nouvelle plateforme de données issue de la collaboration entre des universités et des organisations de développement a été développée pour aider à identifier les vulnérabilités et renforcer la résilience des pays concernés.

Un changement d’approche a été souligné : il devient nécessaire d’abandonner les méthodes isolées pour adopter des stratégies intégrées qui conjuguent aide humanitaire, développement et actions du secteur privé. Les intervenants ont formulé des recommandations pour repenser les flux de financement et garantir que l’aide parvienne efficacement à ceux qui en ont le plus besoin.

Au terme des discussions, un consensus est apparu : la paix durable dans les environnements fragiles dépend d’impératifs économiques. Les participants ont identifié trois priorités essentielles : établir des économies résilientes, autonomiser les acteurs locaux et développer des partenariats harmonisant expertise internationale et savoirs locaux.

Face aux bouleversements climatiques et à l’accroissement des conflits, la nécessité de ces initiatives est plus que jamais d’actualité. Une interpellation claire émanant des entrepreneurs appelait à des actions concrètes de la part des décideurs politiques, nécessitant un cadre propice à leurs efforts. Pour avancer, la voie à suivre réside dans l’autonomisation locale et la construction d’économies solides, pavant ainsi le chemin vers une paix durable dans des contextes fragiles.