Gambie : 2,5 millions de dollars de biens de Jammeh aux victimes
La Gambie fait un pas de plus vers la réconciliation en réparant les torts du passé. Le 20 octobre 2026, la Commission des réparations en Gambie a reçu une somme de 2 573 414,10 dollars américains. Ces fonds proviennent de la confiscation et de la vente d’une propriété appartenant à l’ancien président Yahya Jammeh, située à Potomac, dans l’État du Maryland, aux États-Unis.
Les fonds ont été transférés au Fonds de réparations de la Banque centrale de Gambie. Ils seront exclusivement alloués à l’indemnisation des victimes des violations des droits humains durant le régime de Yahya Jammeh, qui a dirigé le pays de 1994 à 2017. Le montant total inclut 2 507 911,73 dollars issus de la vente du bien immobilier, ainsi que 65 502,37 dollars de loyers accumulés.
Cette confiscation par les autorités américaines, annoncée en septembre 2026, fait suite à la preuve que la propriété avait été acquise avec les profits d’activités criminelles et des fonds publics détournés.
Dans son communiqué officiel, la Commission des réparations a expliqué que ces ressources financières seraient utilisées uniquement pour les réparations envisagées par la loi de 2023 sur les réparations des victimes. Ces réparations prendront la forme de restitutions ou de réhabilitations individuelles et collectives. La Commission a aussi précisé que son budget de fonctionnement reste distinct de ce fonds, garantissant une utilisation transparente des fonds pour éviter tout détournement.
Cette restitution s’inscrit dans le cadre d’un processus de justice transitionnelle mis en place après le départ de Yahya Jammeh. Exilé en Guinée équatoriale, l’ancien président fait face à plusieurs accusations de détournement de fonds publics et de graves violations des droits humains, telles que des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et des actes de torture.
Le ministère gambien de la Justice, en mai 2025, avait détaillé un inventaire des biens confisqués à Yahya Jammeh, d’une valeur estimée à plus de 17 millions de dollars. La récupération des 2,57 millions de dollars représente un premier pas vers l’indemnisation des victimes, bien que ce montant ne suffise pas à combler entièrement les besoins financiers pour un dédommagement total.
La Commission des réparations a assuré d’une gestion responsable et transparente des fonds pour accélérer le processus de versement des indemnités attendu depuis de nombreuses années. À chaque étape, cette démarche reflète l’engagement de la Gambie à tourner la page vers une ère de justice et de réconciliation, mettant en lumière sa détermination à réparer les erreurs du passé afin d’édifier un avenir pacifique et équitable pour tous ses citoyens.