Gaz butane : un fardeau pour les ménages du Mayo-Kebbi Ouest
Tchad : la flambée du gaz butane asphyxie les ménages du Mayo-Kebbi Ouest
À Pala, la situation des ménages face à la flambée des prix du gaz butane est devenue alarmante. Dans cette ville qui sert de chef-lieu à la région du Mayo-Kebbi Ouest, la réalité économique se dégrade alors que l’État fixe des prix réglementés pour ce produit essentiel. En dépit de ces mesures, les familles font face à une augmentation vertigineuse du coût de la recharge des bouteilles de gaz, rendant la gestion quotidienne de leur alimentation de plus en plus compliquée.
La recharge d’une bouteille de gaz butane de 6 kilogrammes, qui était auparavant disponible pour environ 2 500 francs CFA, est désormais proposée pour des montants variant entre 6 500 et 7 000 francs CFA, lorsque le produit est disponible. Cette hausse obéit à un contexte où les méthodes de cuisson traditionnelles, telles que l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois, sont de plus en plus réglementées, notamment pour des raisons environnementales. Les familles à Pala se retrouvent donc coincées entre une nécessité alimentaire et un coût de plus en plus prohibitif pour se procurer du gaz butane.
Une ménagère, mère de plusieurs enfants, exprime son désarroi face à cette situation. « Comme moi, là où je suis, je suis seule en tant que femme, je ne peux pas. Avec 8 enfants, 10 enfants, je ne peux pas. Il fallait que les choses diminuent un peu, ça va nous arranger », témoigne-t-elle. Ce cri du cœur illustre la détresse de nombreuses familles qui peinent à s’en sortir financièrement.
Malgré les tarifs officiels prononcés par l’Autorité de Régulation du Secteur Pétrolier Aval du Tchad (ARSAT), le fossé entre le prix réglementé et le prix du marché est de plus en plus évident. Dans un communiqué du 15 décembre 2025, l’ARSAT avait clairement énoncé que la levée des subventions concernait uniquement les kits associés au gaz butane, et non le prix de la recharge elle-même. Les tarifs officiels sont les suivants : 1 000 FCFA pour une bouteille de 3 kg, 2 000 FCFA pour 6 kg et 6 000 FCFA pour 12,5 kg. Ces montants sont bien éloignés de la réalité observée sur le terrain.
Près d’un an après l’annonce de ces mesures, les ménages de Pala se demandent comment il se fait qu’une recharge censée coûter 2 000 FCFA puisse atteindre des prix aussi élevés. Les raisons derrière ces hausses de prix restent floues. S’agit-il d’un problème d’approvisionnement, d’obstacles au transport ou d’une dérive des prix imposée par les distributeurs ? Les consommateurs se sentent désorientés et en attente de réponses claires de la part des autorités compétentes.
Face à cette situation critique, les familles appellent de leurs vœux une intervention rapide des responsables chargés de la régulation du marché, espérant une régulation efficace qui pourrait leur redonner un peu d’oxygène dans cette crise. L’heure est à l’action, afin de garantir aux ménages l’accès à cette ressource vitale et de préserver leur pouvoir d’achat.