Grève des médecins au CHU Tchad-Chine : services perturbés

CHU de l’Amitié Tchad-Chine : perturbations majeures dans le fonctionnement des services en raison de la grève des médecins

N’Djamena – Depuis le lundi 19 octobre 2026, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de l’Amitié Tchad-Chine fait face à d’importantes perturbations en raison d’une grève initiée par le Syndicat des médecins du Tchad (SYMET). Cette mobilisation se poursuivra jusqu’au mercredi 21 octobre et vise à obtenir le paiement d’arriérés de primes, accumulés sur plusieurs mois.

En ce mardi 20 octobre, une ambiance inhabituelle règne dans les locaux de l’établissement. Le calme qui y prédomine contraste fortement avec l’activité habituelle d’un centre de santé de cette envergure. Seul un service minimum est assuré afin de garantir la continuité des soins essentiels, touchant aussi bien le service des urgences médico-chirurgicales que la pédiatrie, la maternité et la réanimation. Toutefois, la capacité à prendre en charge les patients est considérablement réduite.

Dans les bureaux administratifs, la situation est similaire. Tandis que quelques rares employés s’affairent, nombreux sont les bureaux fermés, et les agents présents déclinent toute demande d’information, adoptant une posture de réserve face à cette situation délicate. « Nous sommes en grève, vous ne le voyez pas ? » a répondu un médecin, précisant ne pas être la personne habilitée à fournir des explications officielles.

Les patients, eux, n’ont d’autre choix que de s’adapter à ces perturbations. Mahamat Issa, par exemple, avait pris rendez-vous avec un spécialiste, mais a constaté à son arrivée que le cabinet était fermé. « Je vais peut-être revenir le week-end. Le gouvernement n’a qu’à trouver une solution aux problèmes des médecins, car la maladie, elle, n’attend pas », a-t-il déploré.

À travers cette grève de 72 heures, le SYMET entend faire entendre ses revendications. Celles-ci concernent le versement intégral des arriérés de primes couvrant les mois de mai à septembre 2026, en conformité avec l’harmonisation des primes. Le syndicat exige également le paiement des reliquats restants du mois d’avril 2026, ainsi que le règlement des déductions qu’il juge illégales opérées sur les primes des mois de janvier, février et mars 2026. De plus, le syndicat réclame le versement intégral des primes de garde et de responsabilité, conformément au budget alloué.

Dans un communiqué, la cellule du SYMET du CHU-ATC indique qu’elle a entrepris plusieurs démarches pour résoudre ces problèmes, mais celles-ci n’ont encore donné aucun résultat. Malgré la grève, le syndicat affirme être prêt à engager un dialogue constructif avec les autorités pour trouver une solution durable à cette crise.

Pour l’heure, les tentatives de communication avec la direction générale du CHU-ATC demeurent infructueuses. La situation reste tendue, et l’avenir de la mobilisation ainsi que de la continuité des soins dépend grandement de la réactivité des autorités compétentes.

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de revendications des professionnels de la santé au Tchad, où les médecins appellent fréquemment à une meilleure reconnaissance de leurs conditions de travail et au respect de leurs droits financiers. Le secteur de la santé, déjà fragilisé, risque d’être davantage affecté si aucune solution n’est trouvée rapidement pour apaiser les tensions et garantir le bon fonctionnement des services hospitaliers.