Grève partielle des greffiers : mobilisation mitigée

Grève sèche des greffiers au Tchad : un mouvement à l’impact mitigé

Le jeudi 17 septembre marque le début d’une semaine de grève sèche initiée par le Syndicat national du personnel des greffes du Tchad (SYNAPGREF), prévue pour se poursuivre jusqu’au 23 septembre. Cette initiative, votée à l’unanimité lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue la veille, a rencontré un taux de suivi inégal parmi les greffiers dès son premier jour.

Sur le terrain, au cœur du système judiciaire de N’Djaména, la situation révèle une certaine hétérogénéité. Si certains greffiers du parquet adhèrent au mouvement en cessant le travail, d’autres juridictions continuent néanmoins de fonctionner normalement, maintenant le cours des audiences prévues.

Richard Maxhon Baba, chargé de communication du SYNAPGREF, a expliqué à notre rédaction que la disparité dans l’application de la grève pourrait s’expliquer par la présence de deux syndicats distincts parmi les greffiers tchadiens. « Nous avons deux revendications centrales : la revalorisation des indemnités accordées aux greffiers et la signature d’un décret encadrant les primes de rendement », a-t-il précisé.

Ces revendications cruciales, selon M. Baba, ont des implications directes sur le fonctionnement de la justice. Par exemple, sans greffiers dans les parquets pour établir les rôles d’audience, les sessions de flagrant délit ou de citation directe ne peuvent être planifiées, mettant ainsi en péril la continuité des procès. Au niveau du tribunal, c’est la gestion des plumitifs qui se trouve compromise, soulignant le rôle central des greffiers dans le système judiciaire.

Le mouvement de grève survient après l’échec d’un préavis de deux semaines, déposé entre le 31 août et le 15 septembre, auquel aucune réponse n’a été apportée par le ministère concerné. « La loi 001 du 15 mars 2022, qui régit notre corps professionnel, est en vigueur. Cependant, certains décrets nécessaires à son application effective n’ont toujours pas été signés, malgré leur nécessité avérée », a rapporté Me Baba, qui reste cependant ouvert à des discussions constructives avec le gouvernement, en vue de parvenir à un règlement amiable.

En attendant, une nouvelle assemblée générale du SYNAPGREF est prévue pour le 24 septembre. Cette réunion pourrait potentiellement décider des suites à donner à la grève, selon l’évolution des négociations ou de l’absence de dialogue avec les autorités.

Dans une déclaration plus formelle, le syndicat invite le gouvernement à organiser une rencontre inter-ministérielle. Cette réunion devrait inclure les ministères de la Justice, des Finances et de la Fonction publique afin de concrétiser les décrets attendus et de répondre aux exigences légitimes des greffiers.

Cette grève sèche marque ainsi un épisode crucial pour les greffiers tchadiens, reflétant à la fois les tensions et les attentes au sein du corps judiciaire national, et soulignant la nécessité d’une action gouvernementale concertée pour y remédier.