Guinée-Bissau : Référendum pour une nouvelle Constitution

Référendum en Guinée-Bissau : Vers une Nouvelle Constitution

Les habitants de la Guinée-Bissau sont appelés aux urnes ce dimanche 30 août 2026. Le pays organise un référendum crucial sur une nouvelle Constitution qui pourrait transformer radicalement son système politique en adoptant un régime présidentiel renforcé. Cette initiative, dirigée par l’actuel pouvoir militaire de transition, a suscité un mélange d’espérances et d’oppositions.

Contexte politique et objectifs du référendum

Depuis l’indépendance de la Guinée-Bissau en 1974, le pays a été témoin d’une instabilité politique persistante, avec pas moins de cinq coups d’État et plusieurs tentatives avortées. Le plus récent renversement remonte au 26 novembre 2025, où le président Umaro Sissoco Embaló a été démis de ses fonctions par un coup d’État militaire, interrompant un processus électoral déjà tendu.

Face à cette instabilité, le Conseil national de transition (CNT), composé de 65 membres désignés par la junte au pouvoir, a approuvé en janvier 2026 un projet de Constitution visant à renforcer les pouvoirs du président. Ce texte permettrait notamment au chef de l’État de nommer et révoquer le Premier ministre, de dissoudre le Parlement, et de centraliser divers autres aspects des pouvoirs exécutifs. Le but affiché est de mettre un terme aux fréquents conflits institutionnels qui ont entravé le fonctionnement des gouvernements successifs.

Une faible mobilisation des électeurs

Malgré l’importance du scrutin, la participation semble en deçà des attentes. À Bissau et dans certaines zones comme Bafata à l’est du pays, les électeurs se sont déplacés en nombre relativement faible pour exprimer leur avis sur cette nouvelle Constitution. La question posée lors de ce référendum est simple : « Êtes-vous d’accord sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ? »

Les divergences au sein de la population

Le référendum divise la population. Pour certains, comme Nelson Moreira du CNT, la révision constitutionnelle est essentielle pour éviter les heurts institutionnels qui ont affaibli le pays par le passé. Cependant, cette position n’est pas unanime. Une partie de la société civile et l’opposition politique, incarnée principalement par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), dénonce une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président. Ces opposants mettent également en avant la tenue du référendum dans un climat qu’ils jugent de « restriction des libertés publiques », exhortant ainsi les citoyens à boycotter le scrutin.

Un avenir incertain pour la Guinée-Bissau

Le résultat de ce référendum pourrait déterminer la trajectoire future de la Guinée-Bissau. Alors que certains espèrent que ce projet constitutionnel pourrait apporter une stabilité tant recherchée, d’autres redoutent une dérive autoritaire. Le pays, déjà fragilisé par des décennies de troubles, se trouve à la croisée des chemins, et ses dirigeants ainsi que sa population devront naviguer avec précaution dans les mois et années à venir pour espérer un avenir politique apaisé.

L’organisation internationale et les observateurs extérieurs suivent de près cette évolution politique, conscients des défis que représente pour la région ouest-africaine la stabilité d’un pays aussi stratégique que la Guinée-Bissau.