Indemnisations : les victimes d’Habré réclament justice

Titre : Les victimes du régime d’Hissène Habré exigent l’aboutissement de leur indemnisation

Les victimes du régime d’Hissène Habré ont une nouvelle fois rappelé, lors d’une sortie médiatique organisée ce samedi 12 septembre 2026, la nécessité de mettre en œuvre les indemnisations décidées à leur égard il y a dix ans lors du procès de Dakar. Sur les 57 milliards de francs CFA jugés nécessaires pour compenser les souffrances endurées, seules 10 milliards ont à ce jour été versées à l’Association des victimes, laissant un grand nombre d’entre elles dans l’attente de leur part des indemnisations promises.

Cette situation perdure, malgré le verdict historique rendu à Dakar en 2016, où Hissène Habré, ancien Président du Tchad, avait été condamné pour des crimes contre l’humanité, tortures et viols commis pendant son règne. Le tribunal avait alors ordonné le versement de réparations substantielles aux victimes et à leurs ayants droit. Cependant, dix ans après, une portion significative du montant annoncé reste bloquée.

Pour de nombreux survivants, l’absence de versement complet et équitable des fonds constitue une grave injustice. Des voix se sont élevées pour dénoncer des omissions sur la liste des bénéficiaires, privant ainsi certaines personnes de leur dû, à l’instar de Haoua Toundé, membre de l’association des victimes. « Il y a des victimes qui ont leur nom dans la liste mais, jusqu’à présent, il y a du blocage. Ils n’ont pas reçu leur argent », déplore-t-elle. Haoua a également émis des préoccupations concernant les personnes reconnues comme victimes mais qui ne figurent pas sur la liste officielle des bénéficiaires.

La situation est rendue plus urgente par l’âge et la condition de santé de plusieurs victimes, beaucoup ayant succombé à leurs épreuves tandis que d’autres se débattent avec des problèmes médicaux. « Il y a beaucoup de victimes qui sont mortes, qui sont décédées, et beaucoup qui sont malades, couchées à la maison », a ajouté Haoua Toundé, insistant sur l’urgence de leurs besoins.

Face à l’inertie qui entoure cette question, l’Association des victimes réclame une intervention directe du président de la République pour débloquer la situation. Ce dernier avait été sollicité par le passé pour accélérer la mise en application des décisions de justice et permettre aux victimes de percevoir les sommes qui leur reviennent de droit.

Cette demande survient dans un contexte où le gouvernement tchadien avait annoncé sa volontée de contribuer à l’effort d’indemnisation en veillant à ce que leur « quote-part » des indemnisations promises soit allouée. Néanmoins, l’absence de progression tangible continue d’alourdir le climat de suspicion et de méfiance envers les autorités devant cet engagement non concrétisé.

Par cette prise de parole publique, les victimes tiennent à rappeler que ces réparations ne représentent pas seulement une compensation financière, mais un geste de reconnaissance de leurs souffrances et de leur résilience face aux douleurs de leur passé. « La réparation, il faut qu’ils nous donnent ça », conclut Haoua Toundé, réaffirmant que les souffrances vécues durant le régime de Hissène Habré devraient être reconnues et traitées avec dignité et attention.

En somme, l’Association exhorte tant la communauté nationale qu’internationale à mieux comprendre la gravité de cette situation et à travailler ensemble pour la résolution de cette affaire, qui longtemps après les faits, continue de tourmenter une communauté en quête de justice et de clôture.