Tchad : l’énergie solaire pour réduire la dépendance thermique

Titre : Tchad : le ministère de l’Energie mise sur le solaire pour réduire la dépendance au thermique

Le gouvernement tchadien, par le biais du ministère de l’Eau et de l’Énergie, redouble d’efforts pour modifier le paysage énergétique du pays. En visite sur le site de la centrale solaire de N’Djamena, le ministre Passalet Kanabé Marcelin a réaffirmé l’engagement des autorités à réduire la dépendance du pays aux sources d’énergie thermiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet Respite, une réponse directe aux défis énergétiques importants que le Tchad doit relever.

En pleine expansion, la centrale solaire de N’Djamena représente un élément clé du projet visant à diversifier les sources de production électrique. Avec une capacité initiale de 35 mégawatts crête, assortie d’un système de stockage de 60 mégawatts, elle a pour objectif de fournir une part significative de l’énergie nécessaire au pays. Les défis ne manquent pas, puisque le ministre a noté que des contraintes d’approvisionnement en carburant continuent d’affecter la Société tchadienne d’électricité (Tchad-Elec).

« La crise énergétique secoue le pays. Nous voulons faire du mix énergétique une réalité, parce que nous estimons que la solution à long terme, c’est sortir un peu du thermique », a déclaré le ministre lors de sa visite. La pénurie de carburant et les opérations de maintenance de la raffinerie compliquent l’approvisionnement en carburant, rendant ainsi le recours à l’énergie solaire d’autant plus crucial.

Le développement de l’énergie solaire ne se limite pas à cette seule installation. En effet, le ministre a également passé en revue l’avancement du projet Relise, une autre infrastructure solaire située à proximité. Ce site ambitionne d’ajouter 36 mégawatts crête à l’offre énergétique nationale, avec un système de stockage supplémentaire de 20 mégawatts. À ce jour, 111 containers sur les 200 prévus ont été installés, illustrant ainsi la volonté des autorités de progresser rapidement dans la mise en œuvre de ces projets.

Le calendrier des opérations subit quelques ajustements, le ministre indiquant que les premiers essais devraient être réalisés d’ici la fin octobre. Initialement fixée pour juillet, la mise en service de la centrale avait été retardée, mais l’on note désormais des avancées significatives. « Le dernier délai était prévu pour juillet dernier. Globalement, il y a des avancées. Jusqu’à la fin de ce mois d’octobre, nous devons avoir les premiers essais sur les réseaux. Et ça, ce n’est pas négociable », a-t-il insisté.

Ce plan ambitieux reflète une tendance plus large dans de nombreux pays africains de recourir aux énergies renouvelables afin de pallier les déficits énergétiques chroniques et de soutenir un développement durable. En diversifiant ses sources d’énergie, le Tchad espère également atténuer les impacts économiques liés aux fluctuations des marchés pétroliers et réduire son empreinte carbone.

Dans cette dynamique, l’implication du ministère de l’Énergie et des partenaires techniques et financiers apparaît essentielle pour surmonter les obstacles techniques et logistiques. Le recours accru à l’énergie solaire illustre également la reconnaissance de l’importance des énergies renouvelables dans le développement économique et social du pays.

La transition vers un mix énergétique mettant l’accent sur le solaire n’est pas un parcours sans embûches, mais les autorités sont fermement engagées dans cette voie. Le succès de ces projets solaires pourrait bien être un catalyseur pour encourager d’autres initiatives similaires dans la région, marquant un tournant vers une énergie plus propre et durable au Tchad.