Infrastructures sportives au Tchad : ambitions vs réalité

Infrastructures sportives au Tchad : entre ambitions gouvernementales et stades abandonnés

Au cœur des ambitions sportives affichées par le gouvernement tchadien, un paradoxe émerge : la dégradation inquiétante de plusieurs infrastructures sportives, au premier plan desquelles se trouvent les stades de Diguel et d’Habena. Ces lieux, censés être des foyers d’activité pour la jeunesse, subissent un abandon qui soulève des questions quant à l’engagement véritable des autorités en matière de développement du sport.

Le stade de Diguel, situé dans le 8e arrondissement de N’Djamena, illustre bien cette situation. Il est aujourd’hui dans un état de dégradation avérée, à tel point qu’il peine à remplir sa fonction de lieu d’entraînement et de compétition. De même, le stade d’Habena, censé être un modèle d’infrastructure moderne, reste inachevé. Ce dernier ne parvient pas à répondre aux besoins, tant au niveau local qu’international, alors même que le Tchad exprime sa volonté de participer activement à des compétitions sportives internationales.

Malgré ces constats alarmants, le gouvernement tchadien continue de promouvoir une nouvelle vision pour le secteur sportif. Des annonces récentes évoquent l’intensification d’initiatives visant à améliorer les infrastructures sportives, tant dans la capitale qu’en province. Cependant, les experts s’interrogent : comment ces projets pourront-ils aboutir si les installations existantes manquent de protection et de maintenance appropriée ?

Franklin, un observateur du domaine sportif, appelle à la nécessité de concrétiser cette politique ambitieuse par des actions tangibles. « Il faut que la politique du sport au Tchad soit accompagnée de mesures et de moyens permettant de garantir des infrastructures adéquates pour les jeunes. On ne peut pas vouloir étendre les terrains de sport alors que d’autres sont laissés à l’abandon », soutient-il. Cette préoccupation est partagée par de nombreux passionnés de sport qui estiment qu’il est essentiel de maintenir, voire de rénover, les infrastructures déjà en place avant de se lancer dans de nouveaux projets.

Adeline, une jeune sportive active au centre de jeunesse Don Bosco à Chagoua, exprime une opinion similaire : « Ce n’est pas parce qu’on a une nouvelle maison qu’on doit abandonner l’ancienne. Les stades qui existent devraient bénéficier d’entretiens, et même s’il y en a d’autres, cela devrait renforcer l’ensemble. » Son témoignage met en lumière le souhait des jeunes et des acteurs du milieu sportif d’avoir accès à des infrastructures en bon état, afin de s’entraîner et de pratiquer leur passion dans des conditions optimales.

Alors que le Tchad aspire à se faire une place dans le panorama sportif international, cette question de l’abandon des stades reste centrale. Le pays doit résoudre l’équation de ses infrastructures sportives, en conciliant la construction de nouveaux équipements et le maintien de ceux déjà en place. Une telle démarche ne serait pas seulement bénéfique pour les athlètes actuels, mais aussi pour les générations futures qui, elles aussi, devraient avoir accès à des terrains dignes de ce nom.

À mesure que le Tchad engage des efforts pour améliorer son image sportive, les enjeux liés à l’entretien des infrastructures actuelles et à l’achèvement des projets inachevés se révèlent cruciaux. Seule une politique cohérente, assortie de ressources adéquates et d’un engagement sincère des autorités, permettra de sortir de cette impasse et de faire du sport un véritable vecteur de développement pour la jeunesse tchadienne.