Japhet N’Doram : Symbole ou Tournant ?
Retour de Japhet N’Doram : Un Nouveau Chapitre ou une Opération Symbolique ?
Japhet N’Doram, figure emblématique du football tchadien et ancien capitaine du FC Nantes, effectue un retour marquant sur la scène sportive en tant que conseiller au développement auprès du président de la Fédération tchadienne de football association (FTFA). Cette nomination suscite à la fois espoir et scepticisme parmi les amateurs du ballon rond.
Vincent Lawe, consultant sportif, a exprimé son point de vue dans l’émission « La Matinale » de Tchadinfos. Selon lui, l’arrivée de N’Doram n’est pas surprenante, mais attendue de longue date par les passionnés de football au Tchad. « C’est un choix naturel », déclare Lawe, rappelant que N’Doram a déjà contribué au développement du football à travers la gestion du centre de formation de Farcha.
Les dirigeants de la FTFA ont fait le voyage jusqu’à Nantes pour discuter de cet engagement, signe d’une volonté affirmée de tirer parti de l’expérience de celui que l’on surnommait le “Sorcier de Nantes”. Japhet N’Doram ne se contente pas d’être une ancienne gloire du football. Il apporte avec lui une expertise précieuse acquise sur les terrains européens, doublée d’une expérience significative en formation et en management.
Au Tchad, les défis sont nombreux : choix du sélectionneur, création de centres de formation, mobilisation des joueurs binationaux pour défendre les couleurs nationales. Pour Lawe, le nom et la réputation de N’Doram peuvent incarner de nouveaux standards dans le football tchadien. Son fils, Kevin N’Doram, est illustratif des enjeux liés aux joueurs à double nationalité, souvent hésitants à s’engager pour les Sao, l’équipe nationale tchadienne.
Cependant, le retour de N’Doram n’est pas dénué de scepticisme. Dans le passé, il avait quitté un projet autour de Farcha en raison de contraintes financières. Lawe espère que cette fois, des garanties solides ont été mises en place pour éviter un scénario similaire. Le contexte, marqué par des soupçons de corruption, pourrait rendre la tâche de N’Doram ardue si ses recommandations ne sont pas suivies d’effet.
Un autre point soulevé est la capacité réelle du président Tahir et des autres responsables à écouter et implémenter les idées de N’Doram. Bien que le déplacement jusqu’à Nantes montre une reconnaissance de son potentiel, le risque d’une nomination symbolique sans réelle latitude d’action demeure.
Le football tchadien n’a pas encore atteint les phases finales d’une Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Pour cela, la volonté politique, les moyens financiers et humains sont indispensables. Lawe va même jusqu’à estimer que N’Doram aurait pu assumer des fonctions plus influentes, telles que président de la fédération ou ministre des Sports. Son profil discret et son aversion pour les polémiques expliquent probablement son choix de rester en retrait de ces postes davantage exposés aux feux de la rampe.
En conclusion, le retour de Japhet N’Doram au sein de la FTFA est perçu comme une démarche stratégique qui peut impulser de nouveaux élans pour le football tchadien. Cependant, seul le temps dira si cette nomination marquera un véritable tournant pour une amélioration structurelle durable.