Khartoum dément et demande une enquête sur les frappes au Tchad

Frappes en territoire tchadien : Khartoum conteste les accusations et réclame une enquête indépendante

Le gouvernement soudanais a officiellement rejeté jeudi dernier les accusations de frappes aériennes menées sur le territoire tchadien, attribuées à ses forces armées. Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, Khartoum a appelé à une enquête « professionnelle et indépendante » afin de faire toute la lumière sur ces événements, affirmant son respect pour la souveraineté et l’intégrité territoriale du Tchad.

Cette déclaration vient en réponse à la condamnation des frappes par Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour les affaires arabes et africaines, qui avait directement pointé l’armée soudanaise du doigt. De leur côté, les autorités tchadiennes avaient rapidement dénoncé ces frappes, affirmant qu’elles étaient survenues depuis le Soudan et se réservant le droit de recourir à la légitime défense.

Le climat tendu le long de la frontière entre les deux pays s’est exacerbé depuis le début du conflit armé au Soudan, une guerre interne opposant, depuis avril 2023, l’armée soudanaise du général Abdel Fattah al-Burhane aux Forces de soutien rapide (FSR), menées par le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemeti ». Ce conflit, ayant considérablement affecté la région du Darfour, située à la frontière est du Tchad, soulève des craintes croissantes quant à une extension régionale.

Le Tchad, qui partage cette longue frontière avec le Soudan, a maintes fois exhorté les belligérants de ne pas importuner davantage son territoire avec leur conflit. Cependant, Khartoum persiste à accuser N’Djamena de faciliter le transfert d’armes aux FSR via son territoire, une accusation vigoureusement réfutée par le gouvernement tchadien.

La situation, marquée par la recrudescence des incidents frontaliers, menace d’amplifier la crise humanitaire qui sévit déjà. Le conflit soudanais est en effet responsable de l’un des plus importants déplacements de populations de l’année, obligeant des centaines de milliers de Soudanais à trouver refuge dans les régions frontalières du Tchad, aggravant ainsi une situation humanitaire déjà précaire.

Alors que les appels à la concertation et à la retenue se multiplient de part et d’autre, notamment de la part de l’Union africaine, la demande du Soudan pour une enquête internationale reste en suspens. L’objectif est d’apporter des réponses claires et de désamorcer une potentielle escalade. Dans l’attente de ces clarifications, l’inquiétude demeure quant au risque d’une propagation plus vaste du conflit, menaçant une paix déjà fragile dans cette région d’Afrique subsaharienne.