La BEAC réduit ses taux

La BEAC Réduit ses Taux d’Intérêt pour Stimuler l’Économie

Le 29 juin 2026, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) s’est réuni pour sa deuxième session ordinaire de l’année à Yaoundé, au Cameroun. Sous la présidence de Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, le Comité a procédé à un examen minutieux des perspectives économiques mondiales et sous-régionales.

Sur le plan international, le Fonds monétaire international (FMI), dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2026, prévoit une diminution du taux de croissance mondiale à 3,1 % pour 2026, contre 3,4 % en 2025. Cette baisse est principalement attribuée aux tensions géopolitiques actuelles.

En ce qui concerne la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), les prévisions de la BEAC indiquent un ralentissement de la croissance économique à 3,2 % en 2026, comparé à 3,4 % l’année précédente. Le taux d’inflation annuel devrait atteindre 2,4 %, en légère hausse par rapport aux 2,1 % en 2025. Le déficit budgétaire hors dons est prévu de se réduire de 3,7 % du PIB en 2025 à 1,9 % en 2026. Quant au déficit du compte courant, il est anticipé à 2,9 % du PIB, une amélioration par rapport à 4,0 % en 2025.

Le CPM a pris la décision d’abaisser plusieurs taux d’intérêt : le Taux d’intérêt des appels d’offres a été réduit de 4,75 % à 4,50 %, le Taux de la facilité de prêt marginal est passé de 6,25 % à 5,75 %, et les coefficients des réserves obligatoires ont également été revus à la baisse. Toutefois, le Taux de la facilité de dépôt reste inchangé à 0,00 %.

Yvon Sana Bangui, lors de la conférence de presse qui a suivi la session, a souligné que le taux d’usure dans la CEMAC demeure élevé, atteignant parfois jusqu’à 18 %. Cela est dû à une multitude de facteurs, parmi lesquels figurent la perception du risque pays et les risques juridiques. Selon lui, ces éléments conduisent les banques à appliquer des taux d’intérêt élevés.

Le Comité anticipe une stabilité relative pour le reste de l’année, sauf en cas de choc externe. « Nous faisons face à des économies résilientes, mais avec des taux de croissance encore modestes, » a déclaré le gouverneur. Il a également mentionné que si le prix du carburant augmentait sans être subventionné, cela pourrait avoir des répercussions immédiates sur le coût du transport et, par conséquent, sur l’inflation.

La BEAC poursuivra ses efforts pour surveiller de près la situation économique et ajuster ses politiques en conséquence afin de garantir la stabilité macroéconomique et de soutenir le développement économique de la sous-région.