Le Réseau ADH Tchad soutient retrait CPI et promeut Cour africaine

Le Réseau des ADH du Tchad Applaudit le Retrait du Pays de la CPI et Propose la Création d’une Cour Africaine de Justice

Le Réseau des associations des droits de l’Homme (RADHT) du Tchad a salué le retrait officiel du pays du Statut de Rome le 27 juillet 2026, une décision qu’il qualifie de « courageuse et historique ». Dans un communiqué diffusé le 1er août 2026, le RADHT a exprimé son soutien plein et entier à cette démarche du gouvernement tchadien, tout en appelant à la transformation de cette initiative en opportunité pour renforcer le système judiciaire national.

Le Tchad, en se retirant de la Cour pénale internationale (CPI), devient le cinquième pays africain à opérer un tel changement. Cette coupure symbolise, selon Djidda Oumar Mahamat, secrétaire général du RADHT, un rejet de ce qu’il nomme une « justice à deux vitesses ». Il souligne que la CPI, bien que conçue comme « un espoir pour l’humanité », est désormais perçue par le réseau comme « un instrument d’asservissement utilisé par certaines puissances ».

Mahamat étaye ses critiques avec des statistiques : parmi les 13 enquêtes ouvertes par la CPI, 9 concernent des pays africains, et sur les 7 individus détenus actuellement, 6 sont impliqués dans des affaires africaines. Cette surreprésentation de l’Afrique dans les dossiers de la CPI est considérée comme « insupportable » par le réseau.

Face à ce constat, le RADHT appelle les autorités tchadiennes à « renforcer notre système judiciaire national ». Le but est de mettre en place une justice efficace sur le sol tchadien, pour les Tchadiens, loin de toute ingérence extérieure. Pour ce faire, le réseau insiste sur la nécessité de doter le système national des moyens humains et financiers adéquats, visant ainsi à juger localement les crimes les plus graves.

Au-delà des frontières nationales, le RADHT adresse un appel à l’ensemble des pays africains pour envisager une nouvelle ère judiciaire continentale. Il exhorte l’Union Africaine à instaurer « sans délai » une Cour africaine de justice. Cette institution, telle que préconisée, serait dotée de compétences pénales élargies et indépendante de toute pression étrangère. Le RADHT revendique une cour « qui ne soit ni l’instrument des puissances occidentales, ni la vitrine d’un pouvoir de puissants, mais le garant d’une justice authentique ».

L’organisation conclut en affirmant que l’Afrique doit désormais compter sur ses propres forces judiciaires, un message central sur la souveraineté judiciaire du continent : « La justice africaine pour les Africains, par les Africains ».

Le retrait du Tchad de la CPI s’inscrit dans un contexte plus large de critiques africaines envers l’institution. Cette initiative, saluée par certains mais critiquée par d’autres, soulève la question de l’équilibre entre la justice internationale et la souveraineté étatique. Elle réactive également le débat sur la capacité des États africains à gérer les crimes graves sans aide extérieure, tout en réaffirmant la nécessité d’un cadre continental fort et indépendant pour répondre aux défis juridiques du continent.