Tirs à Moursal : panique lors de danses traditionnelles

Des danses traditionnelles déclenchent des tirs et la panique à Moursal

Dans le quartier Moursal, situé dans le 6e arrondissement de N’Djamena, la tranquillité des habitants est perturbée depuis plusieurs semaines. En effet, des danses traditionnelles accompagnées de tirs d’armes à feu ont semé l’inquiétude au sein de cette communauté paisible. Ces événements ont lieu sur un espace non développé d’environ 4 000 m² à proximité de la Poste de Moursal, un site central des festivités régulières.

Les résidents de Moursal expriment leur désarroi face à ces rassemblements qui dégénèrent fréquemment en coups de feu tirés en l’air. D’après le chef du carré 13 de Moursal, Ngarlem Nganang, cette situation ne date pas d’hier. « Ces actes ne datent pas d’aujourd’hui. Cela fait des années que ces groupes opèrent. Ils sont passés par plusieurs quartiers de N’Djamena et les voilà de retour chez nous », a-t-il affirmé.

Les festivités attirent un public divers, souvent à bord de véhicules immatriculés tantôt au nom de services publics, tantôt avec des plaques militaires. En soirée, ce terrain imprévu de fête devient le lieu de danses en couple, tandis que certains invités se divertissent dans leurs voitures. C’est généralement lors de leur départ que des coups de feu sont tirés en l’air, perturbant le calme du quartier et inquiétant ses résidents.

Les habitants résidant derrière le SIL de Moursal partagent ce sentiment d’insécurité accrue. « Nous et nos enfants ne pouvons plus dormir à leur arrivée. Les balles sont tirées dans tous les sens », témoigne un riverain préoccupé. La crainte de balles perdues, qui pourraient toucher n’importe qui, est palpable parmi la population locale.

Face à ces événements, une vingtaine de résidents ont pris l’initiative de signer une plainte adressée au procureur. Dans cette correspondance, datée du 4 septembre 2026, ils dénoncent une situation mettant en danger la vie d’autrui. Ils décrivent une réalité où, depuis deux ans, des danses traditionnelles intempestives se tiennent en zone résidentielle, et où l’usage incontrôlé d’armes à feu par certains participants pose un grave problème de sécurité. Ils soulignent également que bon nombre de ces participants ne sont pas originaires du quartier.

Les résidents demandent une intervention rapide des autorités pour éviter qu’un incident tragique ne survienne. Ils enrôlent le soutien du procureur pour la conduite d’enquêtes approfondies ainsi que le déploiement des forces de l’ordre afin de faire cesser ces pratiques perturbatrices.

La situation à Moursal interroge sur la gestion de l’ordre public et la sécurité des résidents, surtout lorsque des infrastructures publiques inappropriées sont utilisées pour de tels rassemblements. L’appel lancé par les habitants reste, pour l’instant, sans réponse officielle, laissant les résidents dans l’attente d’une résolution concrète à ces événements troublants.