Limane Mahamat appelle à renforcer l’autorité de l’État dans le sud du Tchad pour une gouvernance plus solide

Évaluation de la gouvernance territoriale dans le sud : conclusions et perspectives

Les travaux d’évaluation de la gouvernance territoriale dans les sept provinces méridionales du pays se sont achevés ce vendredi, après trois jours de discussions intenses entre les responsables administratifs, sécuritaires et politiques.

Cette rencontre, organisée pour examiner le fonctionnement des structures déconcentrées et décentralisées, a réuni plusieurs acteurs clés, dont des délégués généraux du gouvernement, présidents de conseils provinciaux, préfets, maires urbains, ainsi que des représentants des forces de défense et de sécurité. L’objectif principal était de s’assurer que ces structures sont conformes aux directives des hautes autorités de l’État.

Chaque province a présenté un état des lieux de sa situation administrative, institutionnelle, sécuritaire, économique et sociale. Les discussions ont particulièrement mis en lumière les difficultés liées à la criminalité transfrontalière, exacerbée par la porosité des frontières. La circulation d’armes légères, la présence de groupes armés étrangers et les actes de grand banditisme, tels que le vol de bétail et les enlèvements, ont été soulignés comme des menaces sérieuses.

Les représentants régionaux ont indiqué que ces problèmes entravent la libre circulation et affectent négativement l’économie locale. Toutefois, des progrès notables ont été réalisés grâce à la coopération entre les forces de sécurité et les autorités locales, avec plusieurs saisies d’armes et démantèlements de groupes criminels.

Parallèlement, la résurgence des conflits entre agriculteurs et éleveurs a été un autre sujet crucial. Les querelles, souvent causées par le non-respect des couloirs de transhumance et l’occupation anarchique des terres, entraînent des dommages significatifs et parfois des pertes humaines. Pour y remédier, des comités de gestion locale des conflits ont été créés, bien que leur efficacité soit limitée par des ressources insuffisantes.

Le Vice-premier ministre en charge de la Décentralisation, Limane Mahamat, a clôturé la rencontre en affirmant l’importance de cette mission pour dresser un bilan exhaustif de la gouvernance dans le sud. Il a souligné la nécessité de renforcer la sécurité par des mesures concrètes, telles que l’intensification des patrouilles et une meilleure transmission des rapports aux autorités centrales.

Concernant les conflits agro-pastoraux, Mahamat a plaidé pour un renforcement des mécanismes de médiation et une concertation systématique avec les parties concernées avant chaque saison agricole. Il a également dénoncé l’occupation illégale de bâtiments administratifs et le morcellement des réserves foncières, incitant les autorités à entreprendre des démarches pour endiguer ces pratiques.

En somme, cette mission d’évaluation a permis d’identifier les faiblesses et de proposer des solutions pour consolider l’autorité de l’État et renforcer la stabilité dans la région, essentielle pour le développement harmonieux du sud du pays.