Mandoul : inquiétudes face à des enfants pilotes de pirogues
Des enfants aux commandes des pirogues à Hobblo : une inquiétude grandissante
Dans la région du Mandoul central, plus précisément dans le canton de Peni, la traversée de la rivière au village de Hobblo est devenue un casse-tête quotidien pour ses habitants et les usagers extérieurs. En cause : un pont en état de dégradation avancée qui force les populations à opter pour des moyens de transport alternatifs, surtout en saison des pluies.
Depuis plus d’une décennie, le pont de Hobblo est le principal axe reliant divers cantons à Peni. Sa dégradation progressive a fait que cette infrastructure n’assure plus le passage sûr et sécurisé des habitants et des marchandises. Peni, étant un carrefour commercial vital grâce à son marché hebdomadaire se tenant chaque mardi, voit alors sa fréquentation dépendre fortement de l’accès à ce pont. Il connecte notamment les villages voisins tels que Narmbanga, Nara, Bekamba, Bangoul, Yomi et Bouna.
Dans ce contexte, de nombreux villageois et commerçants ont pris l’habitude d’utiliser des pirogues pour franchir la rivière. Ce moyen de transport, bien que traditionnel et largement utilisé, ne va pas sans poser problème. En effet, une tendance inquiétante émerge : de plus en plus d’enfants se retrouvent à la manœuvre de ces embarcations.
Les tarifs pour la traversée varient en fonction de l’âge du passager, du volume de marchandises transportées, et du mode utilisé (pirogue ou traversée à pied guidée), les prix oscillant entre 150 et 750 francs CFA. Cependant, confier la conduite de pirogues à des enfants soulève des préoccupations légitimes sur le plan de la sécurité. Ces jeunes marins en herbe n’ont souvent ni la force physique, ni l’expérience, ni même l’équipement nécessaire pour gérer des situations pouvant s’avérer désastreuses, notamment lorsque le niveau de l’eau monte ou devient tumultueux.
La capacité des enfants à mener à bien des traversées en toute sécurité est donc mise en doute, et cela, particulièrement en saison des pluies où le danger est plus présent. L’inquiétude est d’autant plus grande que la vie des passagers, ainsi que les échanges commerciaux cruciaux pour l’économie locale, reposent en grande partie sur ces traversées.
Au-delà des considérations économiques, la sécurité des usagers de ce pont temporaire est primordiale. Ainsi, la réhabilitation ou la reconstruction du pont de Hobblo apparaît non seulement comme une nécessité pour améliorer les conditions de vie des habitants, mais aussi comme un moyen de garantir une meilleure sécurité routière dans la région. Elle permettrait également de désenclaver les villages isolés et de revitaliser les échanges commerciaux cruciaux pour le développement économique du Mandoul central.
En définitive, la situation à Hobblo est emblématique d’une problématique plus large en matière de développement infrastructurel en zones rurales. Elle souligne l’urgente nécessité pour les autorités locales et nationales d’intervenir afin de garantir la sécurité et de soutenir la résilience économique des zones marginalisées.
Par Alex Loubadjo Djassibaye