Massakory : Promouvoir l’éducation des filles et des personnes

Le mardi 13 septembre 2026, la ville de Massakory a été le théâtre d’un important atelier consacré à la vulgarisation des lois sur l’éducation des filles et des personnes en situation de handicap. Cet événement a été organisé par le ministère de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique du Tchad, avec le soutien de l’UNICEF. L’atelier s’inscrit dans une dynamique de promotion de l’éducation inclusive, mettant un accent particulier sur l’accès des filles et des personnes handicapées aux filières scientifiques.

Des représentants religieux, traditionnels et communautaires venus de différentes régions du Tchad, notamment du Chari-Baguirmi, de N’Djamena et du Hadjer-Lamis, ont participé activement aux discussions. Leur présence a souligné l’importance d’une approche communautaire pour relever ce défi éducatif crucial.

L’atelier a pris acte d’une évolution rapide du monde, propulsée par les avancées en science et technologie, faisant des filières STEM – sciences, technologies, ingénierie et mathématiques – un levier essentiel pour le développement socio-économique. Pourtant, le Tchad, riche en talents, constate que les filles et les personnes en situation de handicap sont encore largement sous-représentées dans ces domaines d’avenir.

Ce fossé résulte de divers obstacles d’ordre culturel, structurel et institutionnel. En effet, malgré l’existence d’un cadre juridique visant à garantir le droit à l’éducation et à promouvoir l’égalité des chances, les différences entre les lois et leur application concrète demeurent un défi majeur. C’est pour surmonter ces obstacles que cet atelier a été organisé.

Dans son discours d’ouverture, le préfet du département de Dagana, Béchir Mahamat Tahir, a insisté sur l’importance d’une bonne compréhension et application des lois pour en garantir l’efficacité. Il a encouragé des échanges francs, riches et constructifs entre les participants dans l’espoir de convertir les textes juridiques en pratiques éducatives concrètes dès l’école primaire jusqu’à l’université.

Les discussions ont abordé divers instruments juridiques internationaux et nationaux. Parmi eux, on trouve notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. À l’échelle nationale, le Tchad dispose de la Loi d’orientation du système éducatif, la Loi 007 de 2007 garantissant l’égalité des droits, et d’autres ordonnances contre le mariage d’enfants et les violences basées sur le genre.

Le défi majeur reste la sensibilisation et l’application de ces lois malgré un contexte culturel parfois réticent aux changements. Pour de nombreux acteurs présents, la sensibilisation des communautés locales et le renforcement des capacités des institutions éducatives sont des étapes essentielles vers une intégration pleine et entière des filles et des personnes handicapées dans les filières scientifiques.

Cet atelier constituerait ainsi un pas en avant vers une société tchadienne plus équitable où chaque enfant, indépendamment de son genre ou de ses capacités, trouve sa place dans le progrès scientifique et le développement de son pays.