Miskine : 15 ans ferme, ses avocats appellent Déby
Le général Abdoulaye Miskine condamné à 15 ans : ses avocats font appel et interpellent le président Déby
Le général Abdoulaye Miskine, dirigeant du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), a été condamné le 9 septembre 2026 à 15 ans de prison par la première chambre criminelle de la Cour d’appel de N’Djamena, au Tchad. En réaction, son collectif d’avocats a annoncé lors d’une conférence de presse, le 15 septembre, la formation d’un pourvoi en cassation et a interpellé le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, sur les conditions de détention de leur client.
Le général, de son vrai nom Martin Koumtamadji, est une figure centrale de l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019, signé entre le gouvernement centrafricain et divers groupes armés. À la suite de cet accord, il avait été nommé ministre de la Modernisation et de la Technologie moderne par le président Faustin-Archange Touadéra. Cependant, selon ses avocats, ce contexte de paix a été trahi par un bombardement des positions du FDPC par le gouvernement centrafricain, ce qui aurait poussé Miskine à réévaluer ses engagements et à se rendre sur le terrain.
Dans un enchaînement d’événements, Miskine et ses associés se sont retrouvés en détention au Tchad, après avoir répondu à une invitation pour des négociations. Malgré un refus d’extradition du Tchad, les autorités ont décidé de le juger localement. Une plainte contre lui avait été déposée au nom de 29 victimes par l’association CASCIDHO, alléguant des crimes commis entre 2001 et 2002, alors qu’il était à la tête d’une unité spéciale de la garde présidentielle centrafricaine.
Les avocats de Miskine contestent vigoureusement les accusations, avançant que leur client n’était pas présent sur les territoires centrafricain ou tchadien à l’époque des faits supposés, car il se trouvait en exil au Togo. Selon la défense, des preuves matérielles manquent dans le dossier pour justifier les infractions qui lui sont reprochées.
Le collectif d’avocats a également critiqué la détention préventive prolongée de Miskine, qui s’est étendue sur sept ans, ainsi que les conditions de son procès, qu’ils estiment non conformes aux normes d’un procès équitable.
Face au verdict de 15 ans d’emprisonnement, la défense a formellement déposé un pourvoi en cassation le 11 septembre 2026. Ils ont exprimé l’espoir que cette dernière démarche permettra de réviser la décision prise par la justice tchadienne.
Par ailleurs, les avocats ont mis en avant l’état de santé préoccupant du général Miskine. Ils ont souligné l’urgence d’une prise en compte humanitaire de sa situation pénitentiaire, appelant directement le président Mahamat Idriss Déby à intervenir non pas en renversant les décisions de justice, mais en examinant la compatibilité de sa santé avec les conditions actuelles d’incarcération.
Dans ce message, l’accent est mis sur l’humanité et la santé du général, plaidant pour des solutions qui pourraient améliorer son traitement en détention. La défense espère que ces préoccupations seront prises en compte afin de préserver les droits et la dignité de leur client dans l’attente d’une issue judiciaire.