Mobilisation au Beti pour réhabiliter une route

Mobilisation dans le canton Beti pour la réhabilitation d’un axe routier crucial

Le canton Beti, situé à une vingtaine de kilomètres de Doba, dans la sous-préfecture de Beti, département de Kouh-Est, vit une dynamique de solidarité exceptionnelle. Les habitants de cette localité du Logone oriental ont décidé de prendre en main l’avenir de leur région en lançant une initiative pour réhabiliter le tronçon routier Bedogo-Begada-Babo, essentiel pour leur quotidien.

Le 24 août 2026, une réunion d’envergure s’est tenue à Begada, rassemblant des représentants des 113 villages composant le canton. L’objectif de ces échanges était de structurer la mobilisation des ressources nécessaires à la remise en état de cet axe, particulièrement difficile à emprunter en saison pluvieuse. En effet, les pluies abondantes transforment la route en un véritable piège pour les véhicules, rendant la circulation périlleuse voire impossible.

Cette initiative trouve son origine dans la volonté des habitants de surmonter les obstacles qui entravent leur développement. Soutenus par leurs compatriotes vivant dans la diaspora, ils entendent faciliter l’accès et le transport des marchandises tout en réduisant de manière significative les problèmes de mobilité qui affectent leur vie quotidienne.

Djimramadji Armand, chef de mission de ce projet communautaire, a souligné lors de la rencontre l’urgence de rendre cet axe praticable. Selon lui, la situation actuelle est un frein majeur au progrès socio-économique de la région. « Avec les pluies, Begada et ses environs sont coupés du monde, impactant directement notre économie et notre accès aux services essentiels », a-t-il expliqué.

Les conséquences de l’état dégradé de la route dépassent largement le simple désagrément. L’accès aux soins médicaux devient en effet problématique : des récits poignants évoquent des malades contraints de parcourir des kilomètres à pied faute d’une route praticable. De plus, l’activité commerciale subit un coup sévère avec des marchandises immobilisées et des villages peinant à recevoir les produits de première nécessité.

La mobilisation des habitants est proactive et résolue. Il a été décidé lors de la rencontre que chaque village collecterait des contributions financières. Par ailleurs, les membres de la diaspora ont été exhortés à participer activement à cet effort collectif.

Un sentiment d’abandon, pourtant persistant, assombrit cet élan solidaire. Des voix se sont élevées pour critiquer le manque chronique d’investissements sur le plan routier et le décalage entre les promesses politiques et les actions concrètes. Nombreux sont ceux qui regrettent que les engagements pris en période électorale ne se matérialisent pas.

Le projet prévoit de débuter les travaux dès janvier 2027, avec l’espoir qu’une alliance solide entre les efforts locaux et le soutien externe pourra transformer ce défi en succès durable pour le canton Beti.

Cette entreprise, symptôme d’un désir profond de progrès et d’amélioration des conditions de vie, témoigne du potentiel transformateur de l’unité communautaire. Le défi est de taille, mais la détermination des habitants est une leçon de résilience et d’autonomie face aux épreuves. Les résultats pourraient bien inspirer d’autres communautés confrontées à des situations similaires à travers la région et au-delà.

Tolobé Mbaïnaïssem Dieudonné, correspondant à Doba