Moundou : le CTPD conteste le choix du maire

Moundou : Le CTPD dénonce la nomination controversée du maire Beassemnda Emmanuel

Le 17 juin 2026, la scène politique à Moundou a été secouée par la désignation contestée de Beassemnda Emmanuel, candidat du parti PDI, comme maire. Cette nomination a été vivement critiquée par la Convention Tchadienne pour la Paix et le Développement (CTPD).

Barkembaye Nathaniel, délégué provincial du CTPD pour le Logone occidental, a exprimé sa désapprobation face à ce qu’il qualifie de « passage en force ». Selon lui, une mission politique dépêchée de N’Djaména, prétendument affiliée au Mouvement Patriotique du Salut (MPS), aurait imposé ce choix à la population de Moundou en contournant les procédures démocratiques.

Le CTPD, dirigé par Laoukein Kourayo Médard, accuse cette mission d’avoir « foulé au pied » les règles qui régissent les collectivités locales. Le parti soutient que le conseil municipal de Moundou, récemment élu lors des élections couplées de 2024, doit exercer pleinement ses prérogatives selon la législation en vigueur.

Le délégué Barkembaye Nathaniel a souligné que l’événement du 17 juin allait à l’encontre des principes fondamentaux de la démocratie. Selon lui, la désignation aurait dû être entérinée lors d’une session formelle, respectant la loi 014 du 31 juillet 2024. Il affirme que la mission politique a convoqué individuellement les conseillers municipaux dans un hôtel local, exerçant des pressions pour qu’ils approuvent un procès-verbal destiné à installer l’exécutif communal.

La CTPD considère ces actions comme une atteinte à la souveraineté des électeurs de Moundou et au bon fonctionnement de l’administration locale. Le parti a formellement demandé aux autorités compétentes d’annuler cette désignation et le procès-verbal perçu comme extorqué.

Le parti a également encouragé ses conseillers, qui refusent de valider le document en question, à saisir la Chambre administrative pour contester cette décision. En guise de dernier recours, la CTPD menace de retirer l’ensemble de ses conseillers, représentant un tiers du conseil municipal, si aucune action corrective n’est prise. Selon Barkembaye Nathaniel, c’est la législation en vigueur qui déterminera la suite des événements.

Ces manifestations de désaccord mettent en lumière les tensions politiques locales persistantes et soulèvent des questions sur l’intégrité des processus démocratiques dans la région. Les observateurs locaux et internationaux suivent de près cette situation, cherchant à préserver la stabilité et l’application fidèle des lois au Tchad.