Ndjamena : Chari-Mongo, un calvaire quotidien

Ndjamena : L’axe Chari-Mongo, symbole d’un calvaire quotidien

À Ndjamena, la capitale du Tchad, l’axe Chari-Mongo, qui relie le 7e au 8e arrondissement, est devenu un véritable parcours du combattant pour les usagers. Cette route, jadis considérée comme un axe principal, est aujourd’hui le reflet des défis persistants en matière d’infrastructure routière dans le pays.

Le constat est accablant : l’état de la route a fortement décliné, devenant quasiment impraticable en raison de nids-de-poule profonds et d’une absence manifeste d’entretien. Les conducteurs de moto-taxis, qui représentent une part importante du transport urbain, expriment leur inquiétude. « Cette route ne reflète pas l’image d’une capitale », confie l’un d’eux, tout en essayant de manœuvrer pour laisser passer un autre véhicule. Les automobilistes et piétons doivent quotidiennement faire face à une circulation chaotique, où l’espace disponible se réduit de plus en plus.

Lors des saisons de pluie, la situation empire. Le mélange d’eau et de boue transforme l’axe Chari-Mongo en un terrain difficilement praticable, accentuant les risques de chutes et d’accidents. Le spectacle de véhicules bloqués ou de piétons cherchant à éviter les flaques d’eau et la boue est devenu banal. Les usagers de la route sont forcés de négocier des passages étroits, souvent en étant contraints de quitter leur voie habituelle pour accéder à des sections légèrement moins dégradées.

Au-delà de ce tronçon, d’autres axes routiers de la ville, récemment rénovés, sont déjà en dégradation avancée. Ce phénomène soulève des questions sur la durabilité des interventions réalisées et sur la gestion des infrastructures publiques dans un pays qui, après 66 ans d’indépendance, peine à fournir des condition de vie dignes à sa population.

Les conducteurs et passagers sont souvent partagés entre résignation et espoir. Certains pensent qu’une politique de réhabilitation durable finira par émerger, tandis que d’autres craignent un gonflement des promesses non tenues. La frustration grandit alors que les revenus de la population, pourtant soutenus par les ressources naturelles, n’atteignent pas les niveaux nécessaires pour espérer des améliorations significatives dans le domaine des infrastructures.

La situation de l’axe Chari-Mongo n’est pas seulement un problème de mobilité, mais aussi un symbole des frustrations de nombreux Tchadiens face aux conditions de vie encore précaires, en dépit des richesses du pays. Plus que jamais, la nécessité d’une volonté politique et d’une action efficace pour pallier ces défis est devenue urgente, afin de garantir que la route de demain ne ressemble pas à un calvaire quotidien pour ses usagers.

Les habitants de Ndjamena aspirent à voir leurs voix entendues et à bénéficier d’infrastructures routières qui répondent aux besoins d’une capitale moderne. Le chemin vers un avenir meilleur passe indéniablement par la revitalisation de ces axes fondamentaux.