N’Djamena : les commerçantes de Toukra face au droit de place
N’Djamena : La lutte quotidienne des commerçantes du marché de Toukra face au droit de place
Au cœur de N’Djamena, le petit marché de Toukra, souvent désigné par le terme site « A », est un lieu de vie et de commerce où des femmes se battent chaque jour pour assurer la subsistance de leurs familles. Cette activité essentielle pour la communauté locale est marquée par la précarité économique et le poids écrasant du droit de place, une taxe qui complique davantage leur quotidien.
Les commerçantes, qui occupent souvent le sol ou de modestes tables, offrent une gamme variée de produits allant des épices aux céréales, en passant par des condiments et des produits séchés. Chacune d’elles s’efforce d’attirer la clientèle par la présentation soignée de leurs marchandises. Cependant, malgré leurs efforts, la réalité économique est semée d’embûches.
Mariam, vendeuse au marché, témoigne de cette lutte. « Je viens ici chaque jour pour vendre mes produits et chercher de quoi faire vivre les miens. Ce n’est pas toujours facile. Il y a des jours où les clients sont nombreux, mais d’autres fois, nous vendons très peu. Malgré cela, nous devons continuer, car c’est notre principale activité. » Cette déclaration résume bien l’état d’esprit des femmes présentes sur le marché, tiraillées entre l’espoir de meilleures ventes et la pression financière due aux redevances.
Le paiement du droit de place est perçu comme une obligation pesante. Pour les petites commerçantes, cette taxe doit être réglée au risque de perdre leur espace de vente, tel un fardeau qui pèse sur leurs maigres revenus. Cette situation est d’autant plus préoccupante lors des jours de faible affluence, lorsque les ventes se révèlent insuffisantes pour couvrir les dépenses.
Elizabeth, mère de trois enfants et veuve, partage un témoignage poignant de sa réalité. « Depuis que je suis veuve, je dois me battre seule pour élever mes enfants. Je viens au marché pour leur trouver à manger et répondre à leurs besoins. Même quand les ventes sont faibles, je ne peux pas baisser les bras, car ils comptent sur moi. Surtout à la veille de la rentrée scolaire, où tout devient très difficile. » Pour elle, le droit de place représente une charge écrasante, en particulier dans une activité où les rentrées d’argent sont aléatoires.
Elle ajoute : « Nous voulons seulement pouvoir travailler dans de dignes conditions. Quand on paie le droit de place et qu’on ne vend presque rien de la journée, cela devient insoutenable. Nous demandons que les difficultés des petites vendeuses soient prises en compte par le gouvernement. » Cette revendication touche au cœur du problème, alors que ces femmes cherchent à exercer leur activité dans des conditions équitables.
Au-delà des préoccupations liées au droit de place, c’est l’intégralité des conditions de vente qui est remise en question. Les commerçantes réclament des révisions concernant le montant de la taxe, la régularité de la collecte, la qualité des emplacements et les services disponibles. Ces exigences visent à créer un environnement plus favorable pour les petites entreprises, essentielles à la dynamique économique locale.
En dépit de ces nombreux obstacles, les femmes du marché de Toukra font preuve d’une résilience impressionnante. Chaque jour, elles se présentent avec détermination derrière leurs étals, aspirant à récolter les fruits de leur travail acharné, tout en continuant d’espérer que leur situation s’améliore. Dans une ville où l’économie informelle joue un rôle central, ces commerçantes constituent une force incontournable de la vie quotidienne.