N’Djamena : justice refuse la libération d’un détenu malade

N’Djamena : La justice refuse la mise en liberté provisoire d’un détenu gravement malade

N’Djamena, le 19 octobre 2026 – Une situation préoccupante s’est manifestée au Tribunal de Grande Instance (TGI) de N’Djamena. Un homme détenu, souffrant d’une pathologie sévère, a été présenté devant la cour pour solliciter une mise en liberté provisoire pour des raisons médicales. Sa condition de santé, jugée critique, a soulevé de vives inquiétudes parmi ses avocats et proches.

Lors de l’audience, le prévenu, incapable de se tenir debout ou même de s’asseoir, a été contraint de rester allongé sur le sol. Face à ce constat alarmant, le président du tribunal a tenté de l’interroger, mais celui-ci est demeuré inconscient, ne répondant à aucune des questions posées. Cette incapacité a renforcé les arguments de son avocat qui plaidait une urgence médicale.

L’avocat a souligné que le détenu avait été transféré vers un hôpital conventionné pour la prise en charge des détenus, mais que l’établissement n’avait pas pu répondre aux besoins médicaux urgents du patient. La dégradation rapide de son état de santé a conduit la défense à exiger son transfert vers une structure médicale spécialisée, en l’occurrence l’Hôpital de la Renaissance. L’avocat a également fait valoir que le code pénitentiaire restreint les transferts interhospitaliers, rendant ainsi indispensable la mise en liberté provisoire pour permettre un accès rapide à des soins appropriés.

Le conseil a présenté une expertise médicale qui attestait de l’incompatibilité de l’état de santé de son client avec son maintien en détention. Toutefois, cette preuve a été immédiatement contestée par le représentant du ministère public, qui a soulevé une exception de procédure sur la valeur probante du document. Le parquet a affirmé que l’absence du médecin signataire à l’audience empêchait de certifier et de soutenir le rapport médical sous serment.

Le parquet a également rappelé que la maison d’arrêt dispose d’un service médical qui prend en charge les prévenus et que toute procédure de transfert médicalisé devait suivre les voies administratives correctes. Cela a conduit le tribunal à soutenir la position du ministère public.

Après avoir examiné les arguments des deux parties, le juge a prononcé le rejet de la demande de mise en liberté provisoire. À l’issue de ce jugement, les proches du prévenu ont dû évacuer le palais de justice avec l’inquiétude grandissante sur l’évolution de son état de santé et son pronostic vital.

Cette décision alimente des préoccupations relatives aux droits des détenus et aux conditions de soins en milieu pénitentiaire. Les avocats de la défense continuent de s’interroger sur la responsabilité des autorités face à ces situations, alors que le suivi médical des détenus devrait être un droit fondamental respecté par le système judiciaire.