N’Djamena : Max Kemkoye interpelle Déby et dénonce un « procès politique »

N’Djamena : Max Kemkoye interpelle le président Déby et dénonce un procès politique

Le 3 août 2026, Max Kemkoye, leader de l’opposition tchadienne, a adressé une lettre ouverte au président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, dans laquelle il critique fermement sa détention et appelle à une refonte de la gouvernance nationale.

Dans sa communication, Max Kemkoye souligne avoir passé, avec ses associés Ahmed Bokori Nima, Badono Daïgou, Mahamat Djara Diguéï et Nasour Koursami, 100 jours sous les verrous. Ces individus ont été arrêtés le 25 avril 2026, accusés de divers chefs d’inculpation, notamment d’attroupement armé et de rébellion. Néanmoins, l’opposant rejette ces accusations, les qualifiant de fallacieuses et affirmant que leur incarcération résulte d’intérêts personnels d’un groupe non identifié.

Le dossier judiciaire de M. Kemkoye a pris un tournant le 8 mai 2026, lorsqu’il a été condamné à une peine de huit années d’emprisonnement. Cependant, il a fait appel de cette décision six jours plus tard, le 14 mai, ce qui lui confère le statut d’appelant, précise-t-il.

Par ailleurs, Kemkoye a profité de cette lettre pour interpeller le chef de l’État sur l’avenir incertain du pays. Citant une mise en garde de l’ancien président Idriss Déby Itno : « après moi ça sera le chaos », il exhorte l’actuel président à agir pour éviter une telle issue. L’opposant conseille au dirigeant de la nation de prendre des mesures significatives pour stabiliser le pays, mettant en avant une série de recommandations pour réformer la gouvernance.

Les propositions de Kemkoye incluent le lancement d’initiatives pour une gouvernance structurelle, la tenue de conférences sectorielles et nationales ainsi que l’organisation d’une conférence nationale administrative et budgétaire pour restructurer l’État. Il met également en avant l’idée d’un colloque national pluridisciplinaire afin de trouver des solutions aux défis pressants.

Max Kemkoye s’interroge sur la gravité des poursuites actuelles, rappelant qu’une telle condamnation simultanée de neuf chefs de partis d’opposition, dont six purgent actuellement des peines de prison, n’a jamais eu lieu dans l’histoire politique du Tchad. Selon lui, ces événements sont préjudiciables à l’image institutionnelle du pays sur la scène internationale, surtout alors que le Tchad continue de figurer parmi les derniers en termes d’éducation, d’économie et de transparence budgétaire.

En conclusion, Max Kemkoye exhorte le président à se positionner comme le dirigeant de l’ensemble des Tchadiens et non simplement d’une faction. Il insiste sur la nécessité d’une gestion transparente des ressources nationales, conforme aux impératifs du management public. « Seule la Patrie est notre mère et la République notre espoir », écrit-il en guise de conclusion, rappelant son attachement indéfectible aux valeurs républicaines.

L’appel de M. Kemkoye à la refondation de la gouvernance semble ainsi vouloir incarner un tournant pour le Tchad, dans un contexte marqué par des tensions politiques et une nécessité accrue de réconciliation nationale.