N’Djamena : messe contre les mariages précoces

Le 11 octobre, à l’occasion de la Journée internationale de la fille, une messe d’action de grâce a été célébrée à la paroisse Saint-Paul de Kabalaye, à N’Djamena. Cet événement, sous le thème « Mettre fin au mariage des enfants et investir dans les droits des jeunes filles », était organisé par les filles guides de l’archidiocèse de N’Djamena. Il a réuni de nombreux fidèles ainsi que des filles guides venues des différents quartiers de la capitale tchadienne.

La célébration a été conduite par l’abbé Séverin Ndingatoloum, qui a profité de cette occasion pour délivrer un message fort sur l’égalité et la dignité des filles. Durant son homélie, il a incité les fidèles, en particulier les parents, à reconsidérer leur perception des jeunes filles. « La fille n’est pas un fardeau, mais une bénédiction », a-t-il affirmé, tout en exhortant les parents à éviter de négliger l’éducation de leurs filles au profit de leurs fils.

L’abbé Ndingatoloum a également abordé le sujet délicat des mariages précoces, soulignant que ces pratiques nuisent gravement aux droits et au développement des jeunes filles. Il a encouragé l’assemblée présente à devenir des agents de changement pour assurer un avenir meilleur aux filles.

En complément des messages délivrés lors de la messe, Kemneloum Mélanie, la commissaire diocésaine des Guides, a rappelé l’importance de cette journée de réflexion et de prière. Elle a invité chaque participant à renouveler son engagement envers la cause des filles et a souligné que les thèmes abordés durant l’événement étaient d’une grande pertinence pour les défis actuels. « Mettre fin au mariage des enfants et œuvrer pour les droits des filles sont des démarches essentielles pour construire une société équilibrée », a-t-elle précisé.

Kemneloum Mélanie a encouragé les filles guides à persévérer dans leur engagement à transformer leur environnement. Elle leur a demandé de s’inspirer de Baden-Powell, fondateur du mouvement scout, en restant satisfaites de ce qu’elles ont et en exploitant au mieux leurs ressources.

La messe a été ponctuée de divers moments de recueillement et de joie, marqués par des offrandes symboliques de la part des filles guides. En marge de la célébration religieuse, des activités culturelles ont été organisées pour renforcer les messages véhiculés lors de l’événement.

Cet événement à N’Djamena s’inscrit dans un effort global de sensibilisation à l’égard des droits des filles, un enjeu crucial au Tchad et dans d’autres régions du monde. La Journée internationale de la fille est célébrée chaque année pour attirer l’attention sur les défis uniques auxquels font face des millions de filles. Au Tchad, les statistiques sont alarmantes, avec un taux élevé de mariages précoces, souvent associés à une interruption prématurée de la scolarisation.

Chaque effort déployé dans des événements comme celui de la paroisse Saint-Paul de Kabalaye témoigne d’un engagement communautaire à faire évoluer les mentalités et à encourager l’éducation des filles comme vecteur de progrès social. La célébration a mis en lumière la nécessité d’unir les forces pour créer un environnement qui valorise et protège les droits fondamentaux de chaque fille, leur ouvrant ainsi la voie vers un avenir plus prometteur.