Santé mentale : l’ONU prône le partenariat contre l’exclusion

Le Secrétaire Général de l’ONU plaide pour un changement de paradigme en matière de santé mentale

La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, a été l’occasion pour António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, d’attirer l’attention sur les disparités persistantes dans l’accès aux soins et aux services de santé mentale. Dans un message fort adressé aux gouvernements du monde entier, il a souligné l’importance de substituer l’exclusion par le partenariat et de se concentrer sur des soins communautaires.

António Guterres a rappelé que chaque patient, indépendamment de sa condition, doit avoir un accès équitable aux droits fondamentaux tels que le logement, l’éducation, et l’emploi, tout en bénéficiant d’un accompagnement social approprié. Il insiste sur le fait que ces éléments sont cruciaux pour favoriser un environnement propice à la guérison.

Une concentration excessive des services hospitaliers

Dans plus de 80 % des pays, les services de santé mentale demeurent majoritairement concentrés dans les hôpitaux psychiatriques. Ce modèle, bien qu’ayant été une norme historique, ne correspond plus aux attentes et besoins des personnes concernées. En effet, bon nombre d’entre elles préfèrent un rétablissement au sein de leur communauté, un espace vital pour leur inclusion sociale et leur bien-être psychologique.

Guterres appelle donc à une transformation des systèmes de santé mentale, privilégiant une approche centrée sur la communauté, qui respecte la dignité et les droits humains des patients. Il invite les gouvernements à investir dans des soins innovants et inclusifs, afin d’ériger un modèle qui privilégie l’intégration plutôt que l’isolement.

Un thème axé sur l’écoute et la participation

Cette année, la journée met l’accent sur l’importance d’écouter et d’associer effectivement les personnes ayant une expérience directe des troubles mentaux aux décisions qui influent sur leur vie. Cette approche assure que les politiques et les programmes ne sont pas seulement créés pour elles, mais avec elles, garantissant que leurs voix et perspectives sont au cœur du processus décisionnel.

Le Secrétaire général a aussi saisi l’occasion pour réaffirmer l’engagement des Nations unies pour la santé mentale. Il a lancé un appel à tous pour mettre un terme à la stigmatisation souvent associée aux problèmes de santé mentale, une barrière supplémentaire qui empêche les individus de solliciter l’aide nécessaire.

Vers un futur inclusif et compréhensif

Alors que le monde continue de lutter contre les injustices et les inégalités liées aux soins mentaux, l’appel de Guterres pourrait marquer un tournant. Il montre que le changement de paradigme n’est pas seulement nécessaire, mais urgent pour construire un système de santé mental inclusif où l’isolement cède la place à l’intégration active dans la société.

En plaçant l’expérience vécue des individus au cœur des politiques, et en cultivant un environnement où chaque voix compte, le message d’António Guterres résonne comme une invitation mondiale à révolutionner notre rapport à la santé mentale, dans un engagement collectif en faveur d’un futur où tous les citoyens, sans exception, pourront vivre avec dignité et autonomie.