À N’Djamena, les moto-taxis luttent contre le chômage
À N’Djamena, les moto-taxis érigent la débrouille en rempart contre le chômage
À N’Djamena, la capitale tchadienne, la situation économique est particulièrement préoccupante avec un chômage élevé parmi les jeunes et les diplômés. Face à ce défi, de nombreux Tchadiens se tournent vers l’informel, notamment la conduite de moto-taxis, pour pallier leurs besoins financiers et subvenir aux besoins de leurs familles.
Les moto-taxis, devenus un mode de transport indispensable et prisé dans la ville, jouent un rôle clé dans la création d’emplois. Ils permettent à des milliers de jeunes, avec ou sans diplôme, de générer des revenus. Ali, un conducteur de taxi-moto, témoigne de son expérience : « Grâce à ma moto, j’arrive à me prendre en charge. Mon point d’arrêt est le marché de fruits appelé Taradona. » Il explique qu’il transporte aussi bien des passagers que des marchandises, et que le prix du transport se négocie en fonction de la charge et de la distance parcourue.
Les dernières données de l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) indiquent qu’au Tchad, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteint les 30,3%. Pour les jeunes âgés de 15 à 30 ans, ce taux est d’environ 22%. Par ailleurs, plus de 60% des jeunes diplômés se retrouvent sans emploi. Cette réalité pousse de plus en plus de Tchadiens à opter pour des solutions alternatives afin de subsister.
Dans le 7e arrondissement de N’Djamena, au marché de fruits, les conducteurs de moto-taxis attendent patiemment des clients potentiels. Installés sur leurs engins, ils sont attentifs au moindre geste des femmes ou des clients s’apprêtant à s’approvisionner. Dès qu’une opportunité se présente, ils s’élancent, chacun voulant être le premier à proposer ses services. Ces clients proviennent de divers quartiers de la ville, rendant le cadre d’activité particulièrement dynamique.
Ali précise que le coût d’une course peut varier entre 1 000 FCFA et 3 000 FCFA, selon la distance à parcourir et la charge à transporter. Ce système répond à une demande croissante en matière de transport, alors que beaucoup de Tchadiens cherchent des moyens rapides et peu coûteux de se déplacer.
La débrouillardise est devenue une nécessité pour ces jeunes, qui cherchent à gagner leur vie dans une économie où les opportunités formelles restent rares. « Il faut toujours faire quelque chose dans la vie, essayer de chercher partout pour avoir de quoi vivre », conseille Ali. Pour lui, si le diplôme ne mène pas à un emploi, il est crucial d’explorer d’autres avenues, comme le secteur informel qui, bien qu’il soit souvent précaire, offre une porte de sortie face à la crise du chômage.
En résumé, à N’Djamena, les moto-taxis ne sont pas seulement un moyen de transport; ils incarnent aussi l’esprit de résilience et d’adaptation d’une jeunesse contrainte de trouver des solutions pour surmonter les défis d’un marché de l’emploi difficile.