N’Djamena : Urgence d’une prise de conscience face à l’incivisme

Détérioration des biens publics à N’Djamena : incivisme et besoin urgent de sensibilisation

À N’Djamena, la capitale tchadienne, la dégradation des biens publics soulève des préoccupations croissantes sur le comportement d’une partie de la population et souligne l’urgence d’une prise de conscience collective. En effet, des infrastructures essentielles, conçues pour améliorer le quotidien des citoyens, sont souvent maltraitées ou détournées pour des usages personnelles.

Des exemples concrets illustrent cette problématique. Les dalettes, qui servent à couvrir les caniveaux, sont régulièrement détournées. Utilisées pour faciliter l’aménagement des ruelles dans certains quartiers, elles sont parfois transformées en gravier ou utilisées comme accessoires pour d’autres projets. Ces comportements, qui semblent représenter une mentalité négligente envers les biens communs, interrogent sur l’éducation civique de la population.

Les chiffres publiés par l’UNESCO indiquent un taux d’alphabétisation des adultes de 15 ans et plus au Tchad d’environ 27 %, avec des disparités significatives entre les sexes : 35 % à 45 % pour les hommes contre seulement 18 % à 19 % pour les femmes. Au-delà de cette statistique, la situation éducative des enfants reste alarmante, ce qui pose la question d’une mentalité ancrée dans l’incivisme. Le défi éducatif est donc de taille, et chaque effort doit être mis en œuvre pour sensibiliser davantage la population sur l’importance de respecter les biens publics.

Paradoxalement, une partie des citoyens exprime son mécontentement lors des inondations, mais continue de négliger l’entretien des caniveaux en y déversant des déchets. Ce comportement est quotidien et souvent observé dans les quartiers, sans que personne ne prenne l’initiative de corriger ces actes nuisibles au bien-être collectif. Le contraste est frappant entre le désir de protéger la ville et le neglect des infrastructures prévues à cet effet. Les caniveaux, qui jouent un rôle crucial dans la gestion des eaux pluviales, ne reçoivent pas l’attention et le respect qu’ils méritent.

La dégradation ne se limite pas aux infrastructures extérieures : même les murs des établissements scolaires subissent des actes de vandalisme. Fenêtres et portes sont souvent arrachées, mettant en péril la sécurité des lieux d’apprentissage. Dans un tel contexte, il est légitime de se demander comment un pays peut espérer avancer avec de telles mentalités.

Dans des zones comme le 7e arrondissement de N’Djamena, la disparition des dalettes à certaines intersections entrave la circulation, entraînant accidents et chutes de véhicules dans les canaux. Face à ce constat alarmant, la mise en place d’un comité de surveillance apparaît comme une nécessité urgente. Ce comité serait chargé de sanctionner ceux qui s’engagent dans la destruction des infrastructures publiques. Les chefs de quartier ont aussi un rôle crucial à jouer en prenant des mesures pour endiguer ces comportements désordonnés.

Il incombe également au gouvernement de renforcer la législation contre ces actes de vandalisme et d’étendre ses campagnes de sensibilisation pour encourager une conscience citoyenne. Chaque citoyen doit réfléchir à ses propres actions et comprendre que la préservation des biens publics est l’affaire de tous. Seule une mobilisation collective pourra freiner ce cycle de dégradation et initier un changement pérenne dans la mentalité des N’Djamenois. Dans l’urgence de réagir à cette situation, la communauté doit se rassembler pour protéger son environnement et assurer un avenir meilleur.