Niamey relance un projet d’uranium avec Atomic Eagle
Le Niger a officialisé la reprise d’un projet clé d’exploitation d’uranium avec l’entreprise australienne Atomic Eagle, visant à relancer l’exploitation du gisement de Madaouela, situé dans le nord du pays. Cette décision, annoncée mercredi par le ministère nigérien des Mines, intervient après une pause de plus de deux ans due au retrait du permis initialement accordé.
Selon les termes de la nouvelle convention, l’État du Niger augmente sa participation dans Madaouela Mining Company (MAMICO), passant de 20% à 40%, tandis qu’Atomic Eagle conserve les 60% restants, en conservant également le contrôle opérationnel du projet. En plus de ce partage du capital, Atomic Eagle s’engage à verser une redevance préliminaire de 10 millions de dollars américains. Des engagements en matière de développement local et la création d’environ 1.000 emplois font également partie des points soulignés dans cet accord.
Le gisement de Madaouela avait auparavant été concédé à la société canadienne GoviEx, devenue Atomic Eagle suite à une restructuration. En juillet 2024, les autorités nigériennes avaient annulé le permis d’exploitation, ce qui avait donné lieu à une procédure d’arbitrage international. Toutefois, des discussions techniques et juridiques de longue haleine ont permis aux deux parties de trouver un nouveau compromis.
Ce redémarrage stratégique intervient dans un contexte où le Niger cherche à renforcer le contrôle de ses ressources minières. En effet, après le coup d’État survenu en juillet 2023, les autorités nigériennes ont démontré la volonté de réévaluer la gestion des ressources naturelles du pays. Cette détermination s’est notamment manifestée en juin dernier avec la nationalisation de Somaïr, une filiale du géant français Orano, qui a elle-même entraîné un contentieux juridique prolongé.
La réactivation de l’exploitation du gisement de Madaouela témoigne d’une tentative de diversifier et de dynamiser l’économie nigérienne, fortement tributaire de l’exploitation minière. Le Niger est historiquement l’un des leaders africains dans la production d’uranium, une ressource cruciale pour le secteur de l’énergie nucléaire. En se réengageant dans le projet de Madaouela, Niamey espère stimuler son secteur de l’uranium tout en garantissant un retour sur investissement plus équitable pour l’État et ses citoyens.
Le nouveau partenariat avec Atomic Eagle est stratégiquement significatif, s’inscrivant dans une logique de coopération internationale tout en tentant de maximiser les bénéfices pour l’économie locale. Cette relance offre une lueur d’opportunité au secteur minier nigérien, qui a traversé des périodes de turbulence ces dernières années. Le consensus atteint montre également que, malgré les tensions et les défis inhérents à la gestion des ressources naturelles, des solutions mutuellement bénéfiques sont possibles par des approches concertées et constructives.
L’avenir dira si ce modèle de partenariat stratégique et renforcé pourra servir de référence pour d’autres projets miniers au Niger et au-delà. En attendant, le pays semble déterminé à tirer partie de son riche sous-sol pour propulser un développement économique durable et inclusif.