Première célébration de la kinésithérapie au Tchad

Journée internationale de la kinésithérapie : une première commémoration au Tchad

Le mardi 8 septembre 2026, le Tchad a célébré pour la première fois la Journée internationale de la kinésithérapie à travers des activités de sensibilisation et des portes ouvertes organisées au Centre hospitalier universitaire de référence nationale (CHU-RN), situé à N’Djamena. Cette commémoration vise à mettre en lumière la contribution cruciale de la kinésithérapie dans la gestion et la prévention des maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Placée sous un thème mondial, au cœur des préoccupations tchadiennes

Le thème choisi pour cette première édition, « Rôle de l’activité physique et de la réadaptation dans la prévention et la prise en charge des maladies cardiovasculaires et des AVC », reflète une réalité bien connue au Tchad. En effet, le pays fait face à une montée en flèche des maladies cardiovasculaires, de l’hypertension, de l’obésité, du diabète, et des AVC, qui consituent aujourd’hui de véritables défis de santé publique.

Ce sont ces enjeux qui ont motivé les organisateurs à proposer une journée d’échanges et d’information. Selon le Dr Madjidanem Prudent, chef de l’unité de médecine physique et de réadaptation du CHU-RN, l’événement a vu le jour en moins de dix jours grâce à l’engagement de l’administration hospitalière. « Nous démarrons aujourd’hui cette journée au Tchad, a-t-il déclaré. C’est un honneur accordé aux kinésithérapeutes. »

La kinésithérapie, bien plus que du simple massage

Pour le Dr Prudent, il est impératif de corriger certaines idées reçues. Il insiste sur le fait que la kinésithérapie n’est pas limitée à des massages, souvent confondue avec du bien-être. « La kinésithérapie repose sur des exercices, des techniques manuelles et l’utilisation d’appareils pour rééduquer les patients », explique-t-il. Ce domaine de la santé aide, entre autres, à rétablir ou maintenir une autonomie chez le patient, souvent sans recours aux médicaments.

Une approche pluridisciplinaire pour mieux répondre aux besoins des patients

La réadaptation fonctionne comme une véritable équipe, réunissant kinésithérapeutes, orthoprothésistes, ergothérapeutes, orthophonistes, ostéopathes, nutritionnistes et psychologues, coordonnée par un médecin. « Nous médecins, constituons la porte d’entrée en prescrivant les protocoles », précise Dr Prudent. Ce travail collectif est essentiel pour adapter les interventions aux pathologies et conditions spécifiques de chaque patient.

Inciter la population à consulter précocement

Dans son discours, Dr Prudent a insisté sur l’importance de ne pas retarder les consultations médicales. « Quand on est malade, il ne faut pas traîner ou se contenter de méthodes et produits empiriques. Un protocole adapté, mis en place dès les premiers signes, est très souvent le gage de succès ». Ces mots résument l’intérêt fondamental d’une bonne prise en charge précoce.

Une initiative pour sensibiliser et informer

Après les interventions, les participants ont eu la possibilité de visiter l’unité de médecine physique et de réadaptation du CHU-RN pour constater de visu les pratiques et les techniques utilisées par les professionnels de la kinésithérapie. Cela vient renforcer l’information et la sensibilisation du public aux actions concrètes menées pour leur santé.

Cette première édition de la Journée internationale de la kinésithérapie au Tchad pose les bases d’une meilleure compréhension et valorisation de cette discipline médicale. Elle marque également le début d’une prise de conscience collective sur l’importance des soins de réadaptation dans le contexte sanitaire actuel du pays.