Procès Miskine au Tchad : découvrez ses coaccusés !

Le procès criminel impliquant le général Abdoulaye Miskine et trois de ses coaccusés s’est déroulé le 4 septembre 2026 à N’Djamena, la capitale du Tchad. Cette audience, qui a commencé à 10h30 et s’est terminée à 14h32, a été marquée par des accusations graves liées à des tentatives de création ou de résurrection de mouvements insurrectionnels. Un verdict est attendu le 9 septembre prochain.

La partie civile a demandé à la Cour d’accorder 24 milliards de francs CFA en réparation pour les préjudices qu’elle prétend avoir subis. Le ministère public a requis des peines conséquentes contre les coaccusés d’Abdoulaye Miskine. Pour ce dernier, une peine de 30 ans d’emprisonnement a été demandée, tandis que ses trois coaccusés, à savoir le général Adoum Rakhis Abdelrassoul, Abdel-Azize Groh et Rongo Djouma, risquent chacun une condamnation à dix ans de prison.

### Général Adoum Rakhis Abdelrassoul : Un parcours tumultueux

Général Adoum Rakhis Abdelrassoul, également connu sous le nom d’Adoum Rakis ou Rakiss, est le coaccusé le plus en vue. Ancien membre des Forces unies pour le changement (FUC), une rébellion contre le régime d’Idriss Déby, il a été capturé en 2006 lors d’une offensive sur N’Djamena. Après sa capture, il a poursuivi son chemin en République centrafricaine, où il a intégré divers mouvements rebelles, y compris le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) et la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) de Noureddine Adam.

En 2013, il s’est illustré dans la coalition Séléka et a été nommé directeur général de la Police centrafricaine par le président Michel Djotodia. Cependant, son nom est aussi associé à des allégations de violence, notamment par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). Dans le cadre du procès, il est présenté comme le président fondateur du Mouvement national des ex-libérateurs centrafricains (MNLC), peu documenté dans les registres publics.

### Abdel-Azize Groh : L’ombre du général

Abdel-Azize Groh, décrit comme l’aide de camp d’Abdoulaye Miskine, reste une figure moins connue du paysage politique et militaire. Peu d’informations sont disponibles à son sujet, tant sur son parcours que sur ses possibles antécédents militaires. Le ministère public a également requis dix ans d’emprisonnement contre lui.

### Rongo Djouma : Le « guide sur le terrain »

Rongo Djouma complète le trio des coaccusés. Étiqueté comme le « guide sur le terrain » du groupe, ses antécédents ne sont également pas bien documentés. Comme Groh et Abdelrassoul, une peine de dix ans de prison est demandée à son encontre.

### Des allégations graves

Le dossier examine des actes présumés dans les zones frontalières entre le Tchad et la République centrafricaine, notamment à Tissi, Batangafo et Kabo. Les accusations englobent non seulement la création de mouvements insurrectionnels, mais aussi des crimes graves comme l’assassinat, la torture, la séquestration et le viol, souvent visant des membres de communautés tchadiennes.

### Défense contestée

La défense conteste l’intégralité du dossier, soulevant des questions sur la compétente des juridictions tchadiennes pour des faits commis en Centrafrique. Les avocats des accusés ont parlé d’un dossier insuffisamment étoffé, indiquant l’absence de certificats de décès et de rapports permettant d’étayer certaines accusations. Ils ont également souligné que certains faits remontent aux années 2002 et 2003, alors que la plainte a été déposée en 2020, contestant ainsi la validité de ces accusations.

À l’issue des débats, la justice tchadienne devra prendre une décision crucial sur la responsabilité pénale d’Abdoulaye Miskine et de ses coaccusés, une affaire qui pourrait avoir des répercussions tant au Tchad qu’en République centrafricaine.